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La réforme des APL pénalise 39% des jeunes

Le nouveau mode de calcul des APL se solde par une baisse de l’aide allouée à 39% des jeunes, chiffre l’Union nationale pour l’habitat des jeunes. Les actifs sont le plus durement touchés.

APL
Crédit : Pixabay

Le résultat est sans appel. Une étude met l’accent sur le fait que le calcul du montant d’APL actualisé chaque trimestre, sur la base des revenus des 12 mois précédents, au lieu des revenus N-2, pénalise les plus jeunes bénéficiaires et tout particulièrement les jeunes actifs. Réalisée par l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (UNHAJ) et publiée le jeudi 3 juin, elle estime à 39% la part de jeunes lésés par l’application de la réforme entrée en vigueur au début de l’année. Soit 11% de plus qu’en 2020

Le montant moyen de la baisse est également plus important. Il atteint 118 euros contre 90 euros en 2020. Parallèlement, ceux qui connaissent une hausse d’APL sont légèrement moins nombreux qu’en 2020 (17%) et cette hausse est plus importante de 4 euros que celle constatée en 2020. Au global, la baisse mensuelle moyenne du montant d’APL enregistrée en 2021 est de 38,50 euros. En 2020, elle était de 17 euros. En décembre 2020, les jeunes touchaient en moyenne 295 euros d’APL, contre 256,5 euros en mars 2021.

95 euros de moins pour les salariés précaires

Une somme « peu représentative puisqu’une part importante de jeunes connaît une baisse et cette baisse est par ailleurs plus marquée que les hausses constatées », indique l’étude. En effet, dans le cas des jeunes actifs dont les revenus oscillent entre 800 et 1.300 euros, la perte atteint 95 euros.

« Sur le long terme, cela implique beaucoup de choses : des projets remis à plus tard du fait de l’incertitude, de l’incapacité à financer, mais aussi une formation abandonnée, une offre d’emploi refusée, des opportunités non saisies… », commente Claude Garcera. Le président de l’UNHAJ rappelle « l’émoi légitime qu’avait soulevé la baisse générale d’APL de 5 euros (en 2018). Aujourd’hui, et alors que le contexte social est bien plus préoccupant, cette baisse est presque huit fois supérieure, voire 20 fois pour certains ! ».

Demande d’une compensation

Face à ce constat, et alors que la moitié des 18-24 ans sont en voie d’insertion professionnelle, l’UNHAJ demande la mise en place d’un mécanisme compensatoire pérenne pour protéger les jeunes actifs les plus précaires. Il pourrait s’inspirer de ceux mis en place pour soutenir les étudiants, les apprentis, et bientôt les contrats de professionnalisation.