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L’épargne forcée se transforme en consommation, mais jusqu’à quand ?

Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, a estimé lundi 14 juin qu’un « effet consommation » en 2021 va suivre les « milliards d’euros d’épargne forcée » en 2020.

présidentielle
Geoffroy Roux de Bézieux. Crédit : ROMUALD MEIGNEUX/SIPA.

L’économie repart fort. Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a constaté que les Français consommaient à nouveau. « Il y a un effet de rattrapage (…) qui sera très fort dans les prochaines semaines et les prochains mois », a-t-il admis lundi 14 juin sur France inter, « mais il faut être prudent, parce que derrière, quand on regarde en septembre, il y a quelques incertitudes », a prévenu le président du syndicat patronal. « C’est difficile de dire si cette reprise va durer », a-t-il ajouté. Pour lui, l’important est de retrouver le niveau de PIB de 2019, soit avant la crise. « Il y a beaucoup de milliards d’euros d’épargne forcée, donc il va y avoir un effet consommation. L’effet de rattrapage de 2021, il est probable, mais la vraie question c’est pour 2022 et les années suivantes », s’est inquiété Geoffroy Roux de Bézieux.

Les incertitudes portent, entre autres, sur le recrutement. « Depuis un ou deux mois, je vois des patrons qui ont du mal à recruter », a détaillé le patron du Medef. Ces problèmes sont dus à un manque de compétence ou encore de mobilité, ce qui était le cas avant la crise. La France aurait mieux résisté que prévu, notamment grâce au chômage partiel. Geoffroy Roux de Bézieux ne croit pas à une « augmentation massive du chômage », ni à une « vague de plans sociaux ou de faillites », même s’il concède qu’il y en aura. « Il y a 60.000 faillites par an en moyenne, en 2020 il n’y en a eu que 40.000. Il y aura un rattrapage, on a des études sur nos adhérents qui disent qu’à peu près 5 % des entreprises vont avoir des difficultés à rembourser le prêt garanti par l’État », a-t-il encore précisé. Il faudrait peut-être allonger le PGE selon lui pour aider les entreprises concernées, plutôt les petites et sur des secteurs fermés.

Manque de matières premières

« Il y a aussi un point conjoncturel, qui est le manque de matières premières, ou leur prix », a encore précisé Geoffroy Roux de Bézieux, qui s’inquiète à plus ou moins long terme des tensions entre la Chine et l’Occident. Pour lui, l’Union européenne n’a pas à choisir « entre deux blocs », soit les Etats-Unis d’un côté et la Chine de l’autre. « Il faut probablement inventer une manière d’équilibrer les échanges, et d’avoir les mêmes règles du jeu. Le pire n’est pas certain, mais ces nuages à l’horizon inquiètent le monde économique et doivent nous inquiéter », a-t-il encore analysé sur France Inter.