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Budget : faut-il convertir sa voiture à l’électrique ?

L’interdiction programmée des voitures thermiques ne condamne pas l’automobiliste à l’achat d’un véhicule électrique neuf. Le rétrofit, ou conversion d’une auto classique à l’électricité, peut s’avérer une excellente opération financière… pour les citadins.

Les jours du diesel et de l’essence sont comptés. L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité le 12 juin dernier l’interdiction totale de ces autos, neuves et d’occasion y compris hybrides, en 2040. A cette échéance, seules les voitures électriques auront droit de cité dans les villes et les campagnes. La date sera même avancée à 2025 puisque Paris et les centres de certaines métropoles, classés en ZFE (Zones à Faible Emission), seront interdits aux véhicules les plus polluants. Faut-il déjà envoyer à la casse votre bon vieux véhicule ? Rien ne vous empêche de la «rétrofiter, autrement dit de la convertir à la motorisation électrique. Pareille opération est désormais possible, suite à l’arrêté ministériel du 13 mars 2020 publié au journal Officiel du 4 avril suivant.

Recourir à un professionnel agréé est indispensable

Attention, le rétrofit de voitures thermiques de plus de cinq ans est permis sous certaines conditions. D’abord, ces opérations complexes ne peuvent être accomplies que par un professionnel agréé, dont la plupart adhèrent à l’AIRe (Association des industries du rétrofit électrique), qui garantit sa sécurité et son intégrité.

Le coût d’un rétrofit démarre autour de 5 000 euros pour une Clio 3 chez Ian-Motion et peut dépasser 30 000 euros pour des modèles plus premium. Des aides publiques sont possibles si vous y êtes éligible. L’Etat accorde, en effet, une prime à la conversion de 2 500 euros qui peut doubler à 5 000 euros en fonction de vos revenus. A ce coup de pouce, s’ajoute une subvention de certaines collectivités locales : jusqu’à 6 000 euros de la région Ile-de-France, de la Métropole Grand Paris, etc. Au final, certains peuvent récupérer, voire presque diviser par deux, le prix d’une voiture convertie. Cet investissement est très vite amorti à l’usage. Sans compter, en bonus, une prime d’assurance abaissée de 30 à 40, voire 50 % chez certaines compagnies et mutuelles puisque ces autos roulent moins.

Intéressant pour une seconde voiture ou un usage ponctuel

Ces économies substantielles se paient au prix d’une autonomie réduite. Logique, il s’agit de celle des voitures électriques : or, les plus performantes plafonnent à 200 kilomètres. A condition de rouler lentement, de jour, par temps sec et chaud et sans musique puisque les phares, la climatisation et autres agréments siphonnent à vitesse grand V les batteries. Attention aussi aux excédents de bagages : nombre de malles arrières sont rabotées pour y loger des batteries. Autant d’handicaps rédhibitoires pour ceux qui habitent dans des campagnes enclavées ou éloignées. Gare aussi à la douloureuse pour une recharge sur l’une des rares bornes grand public.

Le rétrofit convient aux automobilistes urbains qui effectuent de petits trajets quotidiens, et rechignent à acheter une Zoé ou l’équivalent. La conversion s’impose alors uniquement pour une deuxième voiture ou véhicule d’appoint, afin de pouvoir accéder aux futures ZFE. Un dernier point : le retour au diesel ou moteur initial demeure possible.

Une Clio électrifiée pour 5 000 euros

Imaginons une Renault Clio 3, voiture urbaine par excellence. Sur divers sites, un modèle du mill&sime 2007 avec 90 000 km au compteur se trouve à un peu moins de 5 500 euros. Le préparateur Ian-Motion propose un kit à partir de 5 000 euros. L’addition grimpera à 11 000 euros en contrepartie d’une autonomie doublée (soit 200km) et de plus de puissance. Soit un total entre 10 500 et 16 500 euros. Le cumul des aides publiques permet d’obtenir jusqu’à 11 000 euros, ce qui réduirait le coût total du rétrofit à 5 500 euros dans la seconde option. Avec une consommation moyenne de 7l au 100, la balance penche nettement en faveur du rétrofit : 10,50 euros à la pompe contre 1,09 euro depuis une prise de votre domicile.

L’écart se creuse encore en raison d’un entretien réduit, y compris pour un emploi fréquent en ville, grâce au retrait de la plupart des organes de transmission à l’usure forte. Mieux, le moteur s’éteint le temps d’un feu rouge et repart d’un coup de pédale pour ménager les batteries. Reste deux inconvénients majeurs : une autonomie réelle réduite d’un tiers avec l’usage des phares, des essuie-glaces, de la clim, etc. Et un temps de chargement d’au moins quatre heures. Un conseil : branchez la voiture de nuit pendant les heures creuses d’EDF.