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Energie : les prix du gaz battent encore des records en Europe

Le prix du gaz naturel augmente depuis le début de l’année : le cours européen bat des records, plus de 45 euros le mégawattheure cette semaine à Rotterdam.

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Crédit: iStock.

La facture risque d’être encore plus salée cet hiver. Les cours du gaz ne cessent de grimper depuis le début de l’année en Europe et un nouveau record vient d’être battu. Le cours de référence pour le gaz européen à Rotterdam a franchi la barre des 45 euros le mégawattheure cette semaine selon Les Echos, le 12 août. La hausse est de 136% depuis début 2021. Cette flambée est due à plusieurs facteurs : l’hiver dernier a duré plus longtemps et la demande a été forte. La production nucléaire française s’est arrêtée au moment du premier confinement en 2020. Enfin, la production des énergies renouvelables n’a pas été bonne, en raison de la météo. Du côté de la demande dans le monde, la consommation de gaz naturel liquéfié (GNL) est très forte en Asie et les cargos sont moins nombreux à arriver sur le continent.

En conséquence, les fournisseurs de gaz ont puisé dans les stockages souterrains afin de l’acheminer dans les foyers, vers les industries et les centrales électriques (celles qui fonctionnent au gaz). Selon le cabinet d’études S & P Global Platts, les stocks sont au plus bas niveau historique en Europe, car ils ne sont remplis qu’à 59%. La production mondiale ne peut répondre à la demande, ce qui aura un impact sur le consommateur. Déjà, les tarifs réglementés ont augmenté de 10% au 1er juillet de 5% au 1er août en France. « Les unités d’exportation de gaz naturel liquéfié des Etats-Unis ou du Qatar sont au maximum de leurs capacités saisonnières. En mer du Nord, la production a été ralentie par des arrêts techniques d’infrastructures, retardés l’an dernier à cause de la pandémie », explique James Huckstepp, analyse du cabinet d’études.  

Gazprom met la pression sur l’Europe

Seule solution pour combler la pénurie, la Russie. Elle est « le seul exportateur qui a la capacité de renforcer l’approvisionnement de l’Europe » selon Thierry Bros, professeur à Sciences Po, interrogé par nos confrères. Et c’est Gazprom qui devrait profiter de la situation, en mettant en avant son futur gazoduc Nord Stream 2, reliant la Russie à l’Allemagne. Ce pipeline, qui suscite de nombreuses controverses, doit entrer en service à l’automne prochain. « Gazprom a décidé de ne pas augmenter ses flux d’exportation pour démontrer à l’Europe qu’elle a besoin de Nord Stream 2 », explique Thierry Bros aux Echos. « Le groupe pourrait changer de stratégie à tout moment pour détendre le marché, mais ce n’est pas le cas pour le moment », poursuit le spécialiste.

Autre conséquence de la flambée des prix du gaz, l’augmentation de la production de charbon, moins cher. Résultat, l’impact sur l’environnement est plus important, notamment au Royaume-Uni, en Asie et aux Etats-Unis, qui font tourner leurs usines à plein pot.