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Chômage longue durée : que prévoit le plan du gouvernement ?

Jean Castex a expliqué aux Echos les détails du plan gouvernemental de lutte contre le chômage de longue durée. Pour lui, il passe par la relance économique.

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Crédit: iStock.

La relance au service de l’emploi. Dans un entretien accordé aux Echos et publié dimanche 26 septembre, le Premier ministre a détaillé les moyens mis en œuvre par le gouvernement pour faire reculer le nombre de chômeurs de longue durée. Pour lui, il est essentiel de ne pas faire « une cure d’austérité  ». Jean Castex explique également que les économistes, comme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Fonds monétaire international (FMI) incitent la France à « continuer la politique de relance par l’offre plutôt que par la demande, en réarmant l’industrie et en investissant dans la numérisation, la transition écologique, la qualification des salariés, et c’est ce que nous faisons ! Nous visons la croissance la plus élevée et durable possible, et c’est cela qui rétablira les comptes en temps et en heure ». Pour remettre le pied à l’étrier aux chômeurs, et plus particulièrement à ceux dit de longue durée, il compte agir sur trois leviers, dont la réforme de l’assurance-chômage fait partie. 

Elle « sera totalement mise en œuvre d’ici au 1er décembre. Nous croyons profondément que cette réforme permettra de lutter contre les contrats courts payés de façon indue par l’assurance-chômage et qu’elle incitera à un arbitrage entre le travail et la non-activité en faveur de l’emploi, dès lors qu’il y en a, ce qui est le cas », explique-t-il au quotidien. 

Négociations salariales 

L’amélioration de l’attractivité des emplois est un autre levier évoqué. « Nous invitons de nombreuses branches professionnelles à ouvrir des négociations sur les salaires, a fortiori quand ils sont inférieurs au SMIC, les évolutions de carrière, le temps partiel, les conditions de travail… L’Etat a fait son boulot, mais il ne peut pas tout faire. Je crois au dialogue social », précise Jean Castex. Et de préciser que des négociations sont en cours dans les branches de la sécurité, du commerce, du transport routier, des déchets ou bien encore de la propreté et du commerce de détail. Celles concernant le secteur de l’aide à domicile ont même abouti à l’instauration d’un salaire horaire minimal national. 

Le gouvernement compte sur un dernier levier pour réduire le nombre d’allocataires du chômage de longue durée : la formation professionnelle. Celui-ci va « mobiliser 1,4 milliard d’euros supplémentaires sur 2021 et 2022, dont 900 millions dès cette année et 500 millions l’année prochaine », chiffre le Premier ministre. Des sommes qui seront réunies grâce au redéploiement des crédits d’urgence budgétés pour la gestion de la crise. Concrètement, « les PME de 51 à 300 salariés, qui n’ont plus accès aux fonds mutualisés depuis la réforme de 2018, bénéficieront de 600 millions pour former leurs salariés. Il faut agir vite. Pour les chômeurs, nous assumons le parti-pris de privilégier au maximum les formations en entreprise, directement opérationnelles ». Dans cet objectif, le plan prévoit la signature de nouvelles conventions avec les régions et avec Pôle emploi, à hauteur de 560 millions. De nouvelles formations devraient également être ouvertes à l’ensemble des demandeurs d’emploi quel que soit leur niveau de qualification. L’objectif est de former pas moins de 1,4 million de demandeurs d’emploi en 2022, annonce Jean Castex au quotidien.