Se connecter S’abonner

Transports en commun : ces territoires qui font le choix de baisser les prix

Baisser les tarifs des billets pour faire revenir les usagers : c’est le pari de certaines métropoles comme Metz et Montpellier, même si les finances sont au plus bas.

Crédit : iStock.

Le ticket de bus, de tramway ou de train moins cher. C’est la stratégie adoptée par certaines agglomérations pour attirer les passagers, telles que Metz et Montpellier. En effet, avec la crise sanitaire qui a débuté en 2020, il manque 500 millions d’euros de billets de transports publics selon Le Parisien du 4 octobre. La fréquentation a baissé depuis le début de l’année « de 25% » pour les bus et les tramways « et les recettes de (…) 20% », a précisé à nos confrères Nicolas Pauget, responsable des études et des prévisions à la direction Client Voyageur de Transdev.

Du côté des TER, la fréquentation a chuté de 15%, selon Jean-Aimé Mougenot, le directeur de la branche des trains régionaux à la SNCF. Mais au lieu d’augmenter les tarifs des billets, c’est le contraire que font certaines agglomérations afin de faire revenir les usagers dans les transports en commun. A Montpellier, « nous passons à la gratuité car nous voulons transformer nos villes et réduire la place de la voiture », explique au quotidien Julie Frêche, vice-présidente déléguée des transports Montpellier Méditerranée Métropole (Hérault). 

Gratuit pour les résidents héraultais en 2023

Un passage « par phases », lancé il y a un an : première étape, des billets gratuits le week-end pour les habitants de la métropole. Deuxième étape, les tickets gratuits pour les moins de 18 ans et les plus de 65 ans. Enfin, troisième et dernière étape, tous les habitants de la métropole pourront circuler gratuitement sur le réseau en 2023, ce qui coûtera « 24 millions d’euros par an », a encore précisé Julie Frêche. C’est « 5% du budget de la métropole de Montpellier. Nos recettes commerciales globales sont de 39 millions d’euros. Comme nous réservons la gratuité aux résidents, les gens de passage participeront au financement des transports », a-t-elle ajouté.

A Metz, certains tarifs diminuent, tandis que d’autres augmentent. Ainsi, le billet coûte dix centimes de plus par trajet depuis le 1er juillet. Cependant, les abonnements des moins de 25 ans sont minorés de 10%. De plus, les bénéficiaires de la CMU ont aussi le droit aux tarifs sociaux dans l’agglomération. « À la fin du mois, vous recevez votre décompte de trajets, facturés au prix unitaire le plus bas qui existe, et si ça dépasse le prix d’un abonnement, on vous appelle pour vous le proposer », a expliqué au Parisien Béatrice Agamennone, vice-présidente mobilité et transports à Metz Métropole (Moselle). « Notre pari, c’est de faire venir plus de monde dans nos bus, augmenter les recettes et développer (le réseau) encore plus », a-t-elle précisé.

Système de points

Même stratégie du côté de la région Occitanie : déjà en 2020, et encore une fois l’été dernier, des billets de train à un euro ont été vendus, soit 1,2 million en tout sur le réseau régional. De plus, les 18-26 ans bénéficient d’une offre spéciale, « + = 0 » : le jeune usager bénéficie de 50 % de réduction sur le tarif normal entre 0 et 10 trajets ; puis, au 11e trajet, son billet est gratuit ; ensuite, à partir du 21e trajet, il cumule des points sur une cagnotte qui lui permettra ensuite de ne pas payer le mois suivant. 5.500 jeunes ont téléchargé l’application depuis le 1er septembre, précise Le Parisien. En prenant le train plus de 30 fois sur un mois, le jeune voyagera gratuitement, toute l’année.