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Consommation : les prix des marques distributeurs pourraient flamber

Les tarifs de certains produits d’alimentation de marque de distributeur (MDD) augmentent depuis cet été dans les magasins.

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Crédit: iStock.

Après les prix de l’énergie, les prix des produits alimentaires vont-ils augmenter ? La question se pose avec les derniers chiffres évoqués par l’IRI, entreprise spécialisée dans les données sur les produits de grande consommation. Les pâtes de marques de distributeurs (MDD), par exemple, ont connu une hausse de 1,42% en septembre 2021, alors que leurs prix étaient en recul de 1,36% en mai dernier, relève Le Parisien le 4 octobre. Les huiles MDD ont augmenté de 1,02% en septembre, après une hausse de 0,56% en août, tandis que les huiles des autres marques ont baissé. Idem du côté des conserves de tomates, avec une hausse de plus de 5,5% en août, ou encore pour les salades de fruits frais, de 2%.

Pourtant, la tendance générale est à la baisse des prix alimentaires, en chute de 0,75% sur un an. « La compétition sur le terrain des prix reste très vive », confirme au quotidien Emilie Mayer, directrice business insight chez IRI. En effet, les magasins veulent attirer le consommateur. Mais une autre entreprise a constaté une hausse des prix des MDD : A3 Distrib, qui relève les tarifs dans la grande distribution. Ainsi, cinq distributeurs sur sept ont augmenté les prix des paquets de pâtes MDD d’un kilo depuis le mois de septembre. Même constat sur les huiles végétales pour quatre enseignes sur sept.

Augmentation du prix des matières premières

Ces hausses sont en partie dues aux matières premières : leurs coûts ont augmenté ces derniers mois pour les industriels de l’agroalimentaire. En un an, le prix des huiles a explosé de 39%, celui du sucre, de 14%, tout comme celui de la volaille, de 23%, ou encore du maïs, de 28%. Idem pour les fruits, qui ont pris 34% de plus, en raison du gel en France ou encore des graves sécheresses au Canada. Et l’indice de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a augmenté de 32,9% sur un an au mois d’août, en particulier les huiles végétales, les céréales et le sucre.

Les matières qui servent à emballer ou à transporter ces marchandises ont aussi vu leurs prix augmenter, en raison d’une pénurie : +24% pour l’aluminium, +21% pour le plastique, +18% pour le carton ou encore +12% pour le verre. Le gaz, l’essence, le transport… Tout augmente ! « Nos PME sont en grande difficulté, leur rentabilité est rognée, il est temps que la grande distribution paie ses fournisseurs au juste prix », s’agace auprès de nos confrères Dominique Amirault, le président de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF). Certains demandent même des augmentations à « deux chiffres », comme Essity, « de 9 à 12% », précise l’un de ses responsables au Parisien, Alexis Vaillant. Essity produit entre autres la marque de papier-toilette Lotus.

Report sur d’autres produits

Du côté des marques nationales, les revalorisations des prix auront lieu au printemps prochain seulement, en raison de négociations annuelles sur plusieurs mois durant l’automne et l’hiver. Les fabricants de MDD, eux, souhaitent renégocier les contrats avec les distributeurs au plus vite. Mais ces derniers leur demandent de prendre en compte la situation des ménages, déjà plombés par la hausse des prix de l’énergie. « Au-delà de 4 ou 5% d’augmentation sur une denrée, les clients changeront leurs habitudes de consommation et se reporteront sur d’autres produits », analyse encore Emily Mayer.