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Gaz : une « normalisation est attendue à la sortie de l’hiver » selon la directrice générale d’Engie

Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, assure que les stocks de gaz sont remplis en France, même si le secteur connaît des tensions en approvisionnement.

Crédit: iStock.

La flambée des prix du gaz est due à une crise qui touche toute l’Europe. La directrice générale (DG) d’Engie, Catherine MacGregor, explique au Figaro le 6 octobre que cette « effervescence dans l’énergie », et « largement due à la reprise forte de la production mondiale post-Covid ». La patronne du troisième plus grand groupe mondial dans le secteur de l’énergie (en dehors du pétrole) évoque la Chine, qui fait tout pour s’approvisionner, « quoi qu’il en coûte ». Mais elle se veut rassurante sur la situation des stocks français : « Grâce à une réglementation adaptée, ils sont remplis à plus de 90% », assure-t-elle au quotidien. Selon Catherine MacGregor, « une normalisation est attendue à la sortie de l’hiver, mais nous n’en avons pas la certitude ». A la question de savoir si Engie est prête à affronter une éventuelle crise sur le marché du gaz, la dirigeante répond que l’entreprise gère « les risques géopolitiques par des approvisionnements diversifiés entre pays ».

Par ailleurs, Catherine MacGregor salue les mesures engagées par le gouvernement pour aider les ménages, le chèque énergie particulièrement. Concernant le bouclier tarifaire annoncé par le Premier ministre, Jean Castex, la directrice générale d’Engie estime que « son impact mécanique peut difficilement être estimé car nous ne connaissons pas encore l’évolution des prix du gaz et les volumes qui seront consommés cet hiver ». Les compensations éventuelles accordées aux entreprises en raison du gel des tarifs sont en cours d’étude.

Une politique européenne

La patronne d’Engie défend l’idée d’une politique de stockage de gaz à l’échelle de l’Union européenne. Elle est mise en place en France et en Italie. Il faudrait plus de coordination entre les Etats membres, selon elle, notamment concernant les politiques énergétiques (sortir du nucléaire, opter pour d’autres énergies). « Il faudrait que l’Union européenne s’assure que les projections de mix énergétique à moyen et long terme de chaque pays permettent à la fois la décarbonation des économies et assurent la sécurité d’approvisionnement en Europe à l’horizon 2030-2040 », précise à nos confrères Catherine MacGregor.

Le gaz joue un rôle majeur dans la transition énergétique selon elle, car il est stockable et transportable, avec une densité en énergie importante, ce qui en fait « un complément essentiel aux éoliennes et panneaux solaires dont la production est intermittente ». Catherine MacGregor évoque « un mix énergétique décarboné », avec l’essor du biométhane (produit à  base de déchets agricoles) et de l’hydrogène vert, ce qui assure « une place importante pour le gaz dans les décennies à venir ». Quant au fait de ralentir le rythme de la transition énergétique, il n’en est pas question. « Le coût du réchauffement climatique sera bien plus dramatique que des variations conjoncturelles sur les prix », assure la DG d’Engie.