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Entreprises : les hausses des salaires en question à la fin de l’année

De nombreux salariés s’attendent à des augmentations de salaire en raison de la hausse des prix, notamment de l’énergie. Les négociations s’annoncent difficiles dans plusieurs grandes entreprises françaises.

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Crédit : iStock.

Les négociations salariales devraient être âpres cette année, en raison de l’inflation et des bons résultats des entreprises qui ont résisté à la crise sanitaire. De plus, nombreux sont les salariés qui ont fourni des efforts particuliers en pleine pandémie de Covid-19. Tant de raisons pour anticiper des augmentations de salaire à venir dans certaines entreprises, selon Les Echos, dans une enquête publiée le 19 octobre. Ainsi, certains syndicats auraient déjà mis la pression avant les négociations annuelles obligatoires. Selon un expert des relations sociales, « la Banque de France indique une inflation de 2% sur douze mois glissants. C’est inédit ces dernières années, mais on ne sait pas si cela va durer ou retomber. Les syndicats ont donc intérêt à négocier au plus tôt. »

C’est le cas chez Carrefour : la CGT et la CFDT ont appelé à la grève en fin de semaine dernière, alors que les négociations doivent se tenir début 2022. Même scénario du côté de Decathlon, où la CFDT a aussi appelé à cesser le travail le week-end du 16-17 octobre pour réclamer une hausse des salaires, fait rare dans l’enseigne du groupe Mulliez selon nos confrères. Aujourd’hui, les syndicats d’EDF appellent à la grève et réclament une revalorisation de 10% du salaire de base. « Les salariés ont été sur le pont sans discontinuer pendant la crise sanitaire, ce n’est pas juste qu’ils ne soient pas récompensés de ces efforts », commente Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la CGT mines-énergie.

Hausse de 2,5% dans les entreprises de recyclage

Les syndicats se préparent aussi dans l’industrie pharmaceutique où les négociations sont prévues en décembre. Du côté des entreprises de recyclage, une hausse de 2,5% a été signée à l’unanimité. « C’était difficile de faire moins que la hausse du Smic (de 2,2% au 1er octobre) pour conserver notre attractivité : nous avons de sérieuses difficultés de recrutement sur des profils comme les chauffeurs poids lourds ou les conducteurs d’engins. Et puis les chiffres de l’année sont plutôt bons », explique Sylviane Troadec, présidente de la commission sociale de la Fédération professionnelle des entreprises du recyclage.

Mais cet effort n’est pas consenti dans tous les secteurs. Ainsi, « dans l’automobile, où l’on ne travaille pas trop en ce moment et où la santé des entreprises reste floue à moyen long terme, il n’y a pas de grandes ambitions », précise aux Echos Bruno Azière, secrétaire fédéral Métallurgie à la CFE-CGC. Même topo du côté de l’aéronautique. Les salariés d’Airbus, à Toulouse, ont connu une perte de pouvoir d’achat. Mais l’entreprise ne retrouvera pas son niveau de production avant 2023. Une augmentation générale des salaires d’1% sur un an (de juillet 2021 à juin 2022) a été décidée en mai 2021, mais la réunion de négociation avait été organisée alors que le trafic aérien n’avait pas encore complètement repris. Cela représente 35 euros pour une majorité de salariés de l’avionneur. « C’est particulièrement frustrant pour les jeunes ingénieurs qui n’ont pas eu d’augmentation individuelle », commente Marc Baillion, délégué CFDT d’Airbus.