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Gaz : Jean Castex bloque les prix pour tout 2022, même si les prix baissent

Le Premier ministre a annoncé jeudi 21 octobre sur TF1 que les prix du gaz seront bloqués toute l’année 2022 alors que la Banque mondiale estime que les prix de l’énergie baisseront à partir du second semestre.

Gaz
La loi Energie et Climat, adoptée en 2019, prévoit l’extinction progressive, d’ici à 2023, des tarifs réglementés de vente (TRV) du gaz pour les particuliers. Crédit: iStock.

Une bonne nouvelle de plus pour les Français. Outre l’indemnité inflation pour 38 millions de Français, Jean Castex a considérablement prolongé son « bouclier tarifaire » pour cinq millions d’abonnés au gaz. Le 30 septembre, le Premier ministre avait annoncé le gel des prix du gaz jusqu’en avril 2022. Jeudi 21 octobre sur TF1, il a prolongé le blocage des tarifs jusqu’à la fin de l’année 2022. Les experts « nous disent que vraisemblablement la décrue sera plus lente » que prévu et « donc nous avons pris nos responsabilités, en maintenant le blocage des prix sur tout le long de l’année 2022 », a-t-il précisé jeudi soir.

La « volatilité complique les choix politiques »

Et ce, même si les tarifs viennent à baisser au cours de l’année. Et c’est ce que prévoit la Banque mondiale dans un rapport relayé par Le Figaro. Les prix de l’énergie commenceront à baisser au second semestre de l’an prochain, à mesure que les contraintes d’approvisionnement s’atténueront, estime Ayhan Kose, économiste en chef de l’institution, qui admet que « le fort rebond des prix des matières premières s’avère plus prononcé que prévu » et que « la volatilité récente des prix peut compliquer les choix politiques alors que les pays se remettent de la récession mondiale de 2020 ».

Concernant les prix de l’électricité, le gouvernement français n’a pas prévu de changer son plan annoncé en septembre. Une taxe sera abaissée pour limiter à 4% maximum l’augmentation attendue de 12% en février. Le prix réglementé de l’électricité n’est changé que deux fois par an, contrairement à ceux du gaz qui sont revus mensuellement. Ceux-ci ont été multipliés par six par rapport à 2019. 

« C’est un simple différé »

Alain Bazot, le président d’UFC-Que Choisir, a déploré sur franceinfo vendredi matin ne pas « comprendre ce qu’est ce bouclier » contre la hausse du gaz. « Quand on dit qu’on bloque, c’est un simple différé pour mieux payer. Et cela on ne le dit pas. Il est clair qu’il va falloir payer à la fin de ce blocage » a-t-il dénoncé.

En effet, selon le dispositif de lissage prévu par l’exécutif, à compter de 2023, les consommateurs paieront un peu plus cher le gaz que les cours du marché, afin que les sommes non payées par les abonnés en 2022 soient progressivement récupérées par les opérateurs. Mais Matignon a promis que ce rattrapage ne pèsera pas seulement sur les consommateurs et qu’une « partie sera payée par le budget de l’Etat », sans préciser toutefois dans quelle proportion.