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Indemnité inflation : le coup de gueule de 40 millions d’automobilistes

Le gouvernement de Jean Castex a choisi un chèque de 100 euros pour soulager 38 millions de Français face à la flambée des prix du carburant. Mais elle ne convainc pas du tout 40 millions d’automobilistes et d’autres associations.

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Crédit Istock.

Jean Castex « a fait un bras d’honneur aux automobilistes », rien que ça selon Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, qui était l’invité de RMC vendredi 22 octobre. La veille au soir sur TF1, le Premier ministre a choisi de débourser 3,8 milliards d’euros pour aider les Français à faire face à la flambée des prix du carburant. 38 millions d’entre eux, ceux qui gagnent moins de 2.000 euros nets par mois, qu’ils aient une voiture ou non, retraités et étudiants compris, vont se voir accorder un chèque de 100 euros.

Pour Pierre Chasseray, « c’est le principe d’égalité des citoyens qui est remis en cause ». « Je suis heureux pour ceux qui vont toucher les 100 euros dès la fin décembre. Mais ça ne répond pas à leurs attentes », a-t-il assuré, prenant l’exemple d’une infirmière qui roule de nuit et qui dépasse de 100 euros le seuil de 2.000 euros nets. « La pression sociale va augmenter », a-t-il prévenu.

Appel aux automobilistes pour le recours 

40 millions d’automobilistes va faire un recours contre cette indemnité inflation et il a appelé sur RMC les automobilistes « victimes de ce qu’on appelle l’effet de seuil et qui n’ont le droit à rien » à se faire connaître pour être accompagnés par l’association. « Cette mesure, ça veut dire qu’au-dessus de 2.000 euros, on est riche ? Avec 100 euros, on achète un vote ? Je trouve ça gênant. Aujourd’hui, c’est payer plus pour bosser plus », s’est également scandalisé Pierre Chasseray à l’antenne.

Même son de cloche d’Alain Bazot, le président d’UFC-Que Choisir, interrogé vendredi matin sur franceinfo.
Il a dénoncé « un chèque qui n’est pas équitable, qui n’est pas ciblé ». Certains « n’utilisent pratiquement pas de voiture. Ils vont recevoir 100 euros, tant mieux ». Mais à côté, d’autres « l’utilisent beaucoup et les 100 euros ne sont pas à la hauteur des dépenses », notamment en zone rurale.

Des territoires où « il n’y a pas d’alternative à la voiture individuelle et où il en faut », a souligné jeudi soir sur franceinfo Dominique Marmier, président de l’association Familles rurales. « Donc la voiture individuelle, c’est une contrainte réelle pour les habitants pour se déplacer, pour aller au travail, pour aller en cours », a-t-il fait remarquer, rappelant que « les services de proximité se sont éloignés ces dernières années ». Familles rurales estime que « les contraintes spéciales aux territoires ruraux » engendrent « un surplus chiffré à 600 euros ».