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Réchauffement climatique : vers une flambée des prix des billets d’avion ?

La transition écologique coûtera plus de 1.500 milliards de dollars aux compagnies aériennes, d’après l’association internationale du transport aérien (IATA). Des investissements qui vont forcément augmenter les prix des billets, selon les acteurs du secteur.

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crédit: iStock

Prendre l’avion du futur ne sera peut-être pas réservé aux riches, mais il faudra avoir les moyens, semble-t-il. 310 millions de voyages en 1970, 4,4 milliards en 2019, et entre les deux le réchauffement climatique. Mais l’Association internationale du transport aérien (IATA), qui rassemble 290 compagnies aériennes fédérant 82% du trafic, parie sur 10 milliards de vols en 2050, rapporte Capital, avec des avions qui ne devront plus polluer ou si peu.

Mais pour que les compagnies du monde entier parviennent à l’objectif de « zéro émission nette » en 2050, le défi technologique est « énorme » et les investissements financiers tout autant. L’IATA estime que cette transition coûtera « environ 1.550 milliards de dollars ».

Les avionneurs et les compagnies doivent d’abord développer des avions plus économes en kérosène, de plus en plus taxé, ainsi que la filière des carburants durables (SAF), encore trop coûteux. Le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, pense, d’après Capital, qu’il faut avant tout « massifier la production pour faire baisser les prix ».

« Il va bien falloir que l’argent vienne de quelqu’un »

Mais pour le patron de Total Energies, Patrick Pouyanné, « on en est loin ». « Il faudra bien que la transition écologique soit financée pas seulement par les compagnies aériennes ou les énergéticiens, mais aussi par l’ensemble de la chaîne, y compris les clients », a-t-il averti avant l’été dans Le Figaro.

Ensuite, le pari d’Airbus notamment est de concevoir un avion fonctionnant à l’hydrogène puis de réussir à l’industrialiser. En cas de succès, ce seraient toutes les infrastructures qui seraient à revoir. Aéroports de Paris (ADP) veut y croire et s’y prépare, a expliqué Augustin de Romanet vendredi 22 octobre sur BFMTV, qui avait assuré dès le mois de mai que la hausse du prix de billets serait inéluctable.

Même si le secteur aérien repart après une pandémie qui a noyé sous les dettes bon nombre d’acteurs de l’aviation. Les opérateurs peinent à se remettre de la Covid-19. Pour preuve, le trafic du groupe ADP « est en hausse de 14,5% par rapport aux neuf premiers mois de l’année 2020, avec un total de 104,9 millions de passagers », a annoncé le gestionnaire vendredi matin. Mais ce niveau ne représente que « 39,1% du trafic des neuf premiers mois de l’année 2019 », avant l’irruption de la crise sanitaire.

Et « il va bien falloir que l’argent vienne de quelqu’un », a tranché Bertrand Mouly-Aigrot, le directeur général du cabinet spécialisé Archery Strategy Consulting cité par Capital, qui en a conclu : faire payer « le client, ce n’est peut-être pas une mauvaise idée ».