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Chômage : les allocations suspendues pour les demandeurs d’emploi inactifs

« Les demandeurs d’emploi qui ne démontreront pas une recherche active verront leur allocation chômage suspendue », a déclaré mardi 9 novembre à la télévision Emmanuel Macron. Une disposition déjà prévue en cas de manquement aux obligations légales.

Crédit: iStock.

Si Emmanuel Macron repousse à 2022 sa réforme des retraites, il n’abdique pas sur le front du travail. « Il faut viser le plein emploi », a-t-il insisté mardi soir lors de son allocution aux Français après s’être félicité de la baisse du chômage. « Il faut faire en sorte que toutes les offres d’emplois soient pourvues », a-t-il ajouté, martelant que « les demandeurs d’emploi qui ne démontrent pas de recherche active verront leurs allocutions suspendues », comme un rappel appuyé à des règles déjà existantes.

« Pôle Emploi passera en revue les centaines de milliers d’offres d’emplois disponibles sans réponse dès les prochaines semaines », a annoncé le président de la République.

« Chasse aux chômeurs plutôt que chasse au chômage »

Actuellement, si les services de Pôle Emploi constatent un manquement de la part du demandeur d’emploi, celui-ci peut être radié temporairement ou définitivement des listes et voir le versement de son allocation suspendu ou supprimé. Les sanctions s’étalent entre une radiation d’un mois, si le demandeur d’emploi est incapable de justifier ses démarches ou s’il refuse à deux reprises une offre raisonnable par exemple. Il encourt une radiation définitive en cas de déclaration mensongère, rappelle le site service-public.fr.

« Emmanuel Macron parle d’angoisse et dit qu’il faut avoir confiance en nous-mêmes, mais c’est lui qui accroît les angoisses en s’en prenant aux droits des chômeurs », a dénoncé mardi soir sur BFMTV Jean-Luc Mélenchon, candidat La France insoumise (LFI) à l’élection présidentielle. Au même moment, sur franceinfo, la députée européenne Manon Aubry tempêtait : « Le président préfère une nouvelle fois faire la chasse aux chômeurs plutôt que la chasse au chômage ».

Emmanuel Macron entend également lutter contre les pénuries de main-d’œuvre et accélérer la marche vers le plein emploi grâce à « l’indispensable réforme de l’assurance chômage », partiellement entrée en vigueur le 1er octobre dernier. « Depuis un mois, les règles ont commencé à changer et, à partir du 1er décembre, une nouvelle étape va s’engager. Il faudra avoir travaillé au moins six mois dans les deux dernières années pour pouvoir être indemnisé alors qu’aujourd’hui les droits au chômage sont ouverts au bout de 4 mois de travail », a-t-il rappelé.

« Cela va faire perdre jusqu’à 40% d’allocation à des millions de gens et les précariser encore plus. Je le prends comme une forme de violence vis-à-vis de toutes ces personnes », s’est scandalisée Manon Aubry. « On a surtout un président qui continue à protéger les plus riches et à demander toujours des efforts aux mêmes, aux travailleurs, à rendre la vie plus difficile pour les chômeurs », a déploré mardi soir sur franceinfo Fabien Roussel, le patron du Parti communiste.