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Consommation : les prix des vêtements pourraient aussi augmenter en 2022

Près de 60% des professionnels du secteur de l’habillement prévoient une hausse des prix entre 0 et 10% l’an prochain.

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Crédit : istock.

Les prix augmentent partout : ceux de l’énergie, des denrées alimentaires, et bientôt du secteur de l’habillement. En effet, il pourrait être aussi touché par l’inflation en 2022, selon les professionnels interrogés par l’Institut français de la mode (IFM). Ainsi, ils sont 58% à prédire que les prix augmenteront entre 0 et 10% l’an prochain ; 49% prévoient une hausse de 0 à 5% et 9% des marques et enseignes interrogées prédisent une inflation entre 5 et 10%. C’est bien au-dessus de l’inflation calculée par l’Insee pour le mois d’octobre, de 2,6%. A contrario, 34% pensent que les prix des vêtements vont rester stables, précise Le Figaro le 23 novembre. « C’est une question de stratégie. Certains peuvent décider de baisser leurs marges quand pour d’autres, elles sont déjà trop faibles. Cela dépend également de la gamme de prix. Pour ceux qui sont positionnés sur des premiers prix, il est plus difficile de les augmenter », commente Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’IFM.

Cette hausse des prix dans le secteur de l’habillement serait due à l’augmentation des coûts des matières premières, comme dans d’autres secteurs. Le coton, la laine ou encore le pétrole connaissent une inflation importante, tout comme les prix du fret et du transport de marchandises. Les professionnels ont ainsi changé de pays pour s’approvisionner : auparavant plutôt tournés vers l’Asie (Chine, Bangladesh, Vietnam et Cambodge), ils choisissent le Maroc, la Tunisie et la Turquie, plus chers. Ainsi, « ils prennent moins de risque : ils peuvent passer leurs commandes moins longtemps à l’avance et ainsi mieux évaluer le nombre de pièces nécessaires et éviter de se retrouver avec des invendus », explique Gildas Minvielle au quotidien.

Inflation à son plus haut niveau dans la zone euro

Mercredi 17 novembre, la Banque centrale européenne (BCE) évoquait une inflation dans la zone euro qui « restera élevée plus longtemps que prévu », avait déclaré Isabel Schnabel, membre de son directoire. « Nous nous attendons à ce que l’inflation atteigne son plus haut niveau depuis l’introduction de l’euro en 1999 » en novembre, avait alors prédit l’experte. La hausse des prix a atteint 4,1% dans la région en octobre dernier. Mais le surlendemain, vendredi 19 novembre, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a parlé d’une inflation sous-jacente qui évolue « dans la bonne direction » lors d’un congrès sur la finance à Francfort. Il s’agit de l’inflation en dehors des prix de l’énergie et des matières premières. Néanmoins, pour le directeur de l’IFM, cela ne devrait pas changer grand-chose quant à la hausse des prix, car « une fois qu’ils ont augmenté, la hausse est entérinée et c’est difficile de revenir en arrière », affirme-t-il au quotidien.