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Automobile : le prix des voitures neuves a explosé en 2021

Les prix des véhicules neufs à l’achat ont le plus augmenté chez Renault et Dacia, selon une étude.

ZFE
Crédit : iStock.

Un prix moyen de 20.000 euros en 2019 à plus de 27.000 euros en 2025 pour ses véhicules neufs : c’est l’objectif du groupe Renault depuis l’arrivée de son nouveau directeur général, Lucas de Meo. Et ce n’est pas le seul groupe automobile à augmenter ses prix, selon L’Argus, qui a publié un comparatif le 10 décembre. Première catégorie étudiée : les citadines. La Renault Twingo SCe 65, en finition zen, a connu une augmentation de plus de 11% de ses tarifs (11,68%). Mais, selon les journalistes du magazine spécialisé, l’équipement du modèle s’est enrichi avec la climatisation, un écran tactile ou encore de nouveaux sièges. Les Citroën C1 et les Peugeot 108 ont aussi connu une augmentation de leurs prix de 3 à 4%, alors que leur production s’arrête en décembre 2021.

Du côté des citadines polyvalentes, la Clio Zen Sce 65 a augmenté de 4,62%, passant de 17.300 euros à 18.100 euros en entrée de gamme. La version TCe 100 GPL Intens a vu ses prix augmenter de 2,11%, ce qui correspond à une hausse de 450 euros, relève L’Argus, et l’augmentation est du même ordre pour l’hybride E-Tech 140. C’est aussi une hausse des prix d’un peu plus de 2% qui est constatée pour la Peugeot 208 Pure Tech 100 Allure, la Citroën C3 Pure Tech 110 Feel Pack et la Toyota Yaris Hybride 116h Design. Cependant, c’est la Dacia Sandero qui connaît l’augmentation la plus importante : la Confort Eco-G100 a vu ses prix s’élever de 7,88% en 2021. Cette évolution varie de 1,01% sur l’Essentiel SCe 65 à 10,33% sur la Stepway Eco-G100 Essentiel. Pourtant, les antibrouillards ont été supprimés sur ce dernier modèle, soulignent nos confrères.

Les SUV urbains n’échappent pas à l’inflation

L’Argus a aussi comparé les prix des SUV urbains. Le Dacia Duster Confort Eco-G100 voit ses prix augmenter de 5,79% et ceux du Renault Captur TCe 130/140 Intens ont connu une hausse de 4,85%. Mais le Dacia Duster est désormais doté d’un système multimédia à écran tactile 8 pouces. Le moteur est passé de 130 à 140 chevaux. Ce sont les plus fortes inflations dans cette catégorie, qui compte aussi les Peugeot 2008, les DS 3 Crossback, les Volkswagen T-Cross et les Citroën C3 Aicross. Ce dernier a évolué avec notamment l’ajout de l’aide au stationnement arrière, précise le magazine. 

La Volkswagen Golf 8 est la compacte qui a enregistré la plus forte hausse de prix : 1.815 euros pour le 2.0 TDI 115 Style 1st. C’est 5,39% de plus qu’en décembre 2020, souligne L’Argus. La Renault Mégane TCe 140 Intens a connu une inflation de 3,13% et la Citröen C4, tout juste sortie, a vu ses prix augmenter de 200 à 400 euros en 2021, soit 0,76% pour la PureTech 130 Feel Pack. Quant à la Toyota Corolla 122th Design, ses prix ont connu une hausse de 2,52%.

Kadjar en fin de vie

Les SUV compacts et familiaux n’échappent pas à la tendance. Par exemple, les prix du Renault Kadjar Tce 140 Techno (ex-Intens) ont augmenté de plus de 5% cette année, que ce soit en essence comme en diesel. Pourtant, la marque a enlevé certains accessoires, comme le siège passager rabattable, et le cuir du volant remplacé par un matériau moins cher, précise L’Argus. Le Kadjar sera remplacé par l’Austral, qui devrait être plus cher. En revanche, les tarifs du Peugeot 3008 sont restés quasi stables en 2021 (+1,03%). Le Citroën C5 Aircross, le DS 7 Crossback et le Toyota C-HR ont connu des hausses plus faibles, entre 2 et 3% environ. Enfin, le Volkswagen Tiguan 1.5 TSI 130 Life a connu une inflation de 4,84%, soit plus de 2.000 euros d’augmentation. 

Pour les familiales, la hausse est importante chez Renault, une fois de plus : +5% pour le Koleos. A l’inverse, le Peugeot 5008 est resté sous la barre des 1%. Mais la palme revient au Renault espace, dont les tarifs ont dépassé les 10% de hausse, soit par exemple 4.900 euros de plus pour la finition Zen, aujourd’hui appelée Evolution, et enrichie de plusieurs équipements comme le système de détection de la fatigue.

L’électrique fait exception

Les berlines familiales, elles, rencontrent moins de succès, et elles sont les plus chères des catalogues des constructeurs automobiles. Peugeot enregistre la plus forte hausse, de 7,08%, pour le modèle 508 BlueHDi 130 Allure Pack. Par rapport à la fin de l’année 2020, le prix a augmenté de 2.850 euros. La Renault Talisman a aussi connu une augmentation conséquente, de plus de 4%. Sa production s’arrête l’an prochain. A noter, le prix de la DS9 qui a augmenté d’environ 2%, soit 1.000 euros de plus. 

En revanche, les véhicules électriques n’ont pas connu de hausse conséquente cette année. Certains modèles ont même subi une baisse des prix, comme la Renault Zoe et la Peugeot e-2008. Les autres modèles sont quasi stables (Twingo E-Tech Electrique, Citroën ë-C4 et DS 3 Crossback E-Tense. Enfin, les prix des hybrides rechargeables ont généralement moins augmenté que les classiques en 2021. Mais certains modèles ont tout de même connu une importante inflation, comme la DS 9 E-Tense pour laquelle il faut débourser 2.000 euros de plus. Chez Toyota, les prix ont baissé de plus de 7% pour le RAV4 hybride rechargeable. 

Entre la baisse du volume des ventes, la hausse des prix des matières premières et des transports, et la crise des semi-conducteurs, les constructeurs devraient continuer à augmenter les tarifs des véhicules thermiques. A l’inverse, ceux des électriques devraient continuer à baisser pour séduire les consommateurs. Pour que ces ventes soient encore rentables, les constructeurs vont réduire leurs coûts de distribution en misant sur le digital, notamment, et en réformant le système de rémunération des concessionnaires en 2022. La tendance est à produire moins de véhicules, mais de produire de la qualité, au risque de détourner les acheteurs qui pourraient, encore plus, se tourner vers le marché de l’occasion.