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Argent : les tickets de caisse disparaissent progressivement

Dans un an, au plus tard, les factures et autres bons ne seront plus imprimés en caisse si le consommateur n’en fait pas la demande.

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Crédit : iStock.

L’impression des tickets de caisse n’est déjà plus systématique. Bientôt, elle devra être obligatoirement demandée par le consommateur. La mesure entrera en vigueur le 1er janvier 2023, mais elle est déjà critiquée, notamment par l’UFC-Que choisir dans un communiqué publié le 3 janvier. L’article L. 541-15-10 du Code de l’environnement prévoit en effet d’interdire « l’impression et la distribution systématiques de tickets de caisse dans les surfaces de vente et dans les établissements recevant du public ». Cela concernera aussi les tickets de carte bancaire et ceux distribués par des automates, ainsi que « les bons d’achat et les tickets visant à la promotion ou à la réduction des prix d’articles de vente dans les surfaces de vente », précise le texte.

Pour l’association de défense des consommateurs, cette interdiction de l’impression systématique peut provoquer une hausse des fraudes et des litiges.L’Association Force ouvrière consommateurs (Afoc) partage aussi ces craintes. « Le ticket de caisse s’avère bien souvent, pour le consommateur, un élément de vérification de ses achats, mais pas seulement. Il sert également de preuve en cas de défaut du produit acheté, ou bien tout simplement si l’on souhaite échanger ou se faire rembourser un article », explique dans le communiqué Matthieu Robin, chargé d’étude à l’UFC-Que choisir.

Paiement sans contact 

Les inquiétudes portent notamment sur les paiements sans contact. « Sur les terminaux de paiement, il est tout à fait possible que le commerçant tape le montant à payer sans que le client le voie s’afficher. Le ticket est alors son seul moyen de vérifier qu’il règle bien la somme qu’il doit au professionnel », détaille le spécialiste. Une des solutions serait de proposer d’envoyer les tickets par e-mail, comme le font déjà certaines enseignes. Mais l’association souligne que cela exclut certains consommateurs, qui n’ont pas d’accès numérique. 

Certaines enseignes ont anticipé cette interdiction, comme Carrefour ou encore Système U. Cette dernière affirme que 40% des clients ne demandent pas l’impression du ticket en caisse, ce qui pourrait faire économiser 44.077 km de papier selon l’UFC-Que choisir. Outre l’argument environnemental, il y a celui de la santé publique. « J’ai appris, en lisant une étude scientifique japonaise datant de 2006, que les tickets de caisse contenaient du bisphénol F ou S, un perturbateur endocrinien qualifié de dangereux pour la santé et l’environnement », explique à l’association Patricia Mirallès, députée de la première circonscription de l’Hérault. La parlementaire est à l’origine de cet amendement. 

Mais selon l’UFC-Que choisir, l’utilisation de l’e-mail n’est pas forcément plus écologique, car l’émission d’un courriel avec pièce jointe est de 19 grammes de CO2, ce qui peut vite représenter un nombre vertigineux s’il est multiplié par 34 millions, soit le nombre de messages envoyés toutes les heures. De plus, l’enseigne récolte les données personnelles du client s’il a besoin de recevoir la facture par e-mail, ce qui augmente les risques d’abus. « Qui lui dit que, demain, il ne recevra pas, avec son ticket de caisse, une promotion sur un produit ou toute autre publicité ? » lance encore Matthieu Robin. Les professionnels pourraient avoir à mettre en place des formulaires spécifiques.