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Hausse du prix de l’électricité : quel impact sur votre facture ?

Le bouclier tarifaire sur les tarifs de l’électricité entre en application ce mardi 1er février. Selon votre type d’abonnement, les répercussions seront variables, certains pouvant même profiter de baisse de prix. Détails.

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Crédit : iStock.

Pour suivre l’évolution des prix de gros et la recommandation de la CRE (commission de régulation de l’énergie), les tarifs réglementés de l’électricité auraient dû augmenter de… 44,5 % HT le 1er février. Un chiffre politiquement explosif alors que la question du pouvoir d’achat est l’un des enjeux de la présidentielle. Le gouvernement a donc trouvé un tour de passe-passe pour limiter l’impact sur les ménages : réduire l’une des taxes payées sur la facture (la CSPE) et augmenter les volumes Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) octroyés aux fournisseurs alternatifs. Pour rappel, il s’agit des volumes d’électricité nucléaire produite par EDF cédée à prix avantageux à ses concurrents. Grâce à ces mesures, la hausse qui interviendra au 1er février sera limitée à 4 %. Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

Si vous êtes au TRV ou tarif réglementé de vente (dit aussi Tarif Bleu) ou avec une offre indexée sur le TRV

L’augmentation sera bien de 4 % pour vous. Concrètement, vous paierez de 44 à 90 euros de plus sur votre facture annuelle selon les calculs d’Hello Watt, plateforme spécialisée sur l’énergie. Ces hausses correspondent respectivement à un couple en appartement ayant une consommation de 7 000 kWh et à une famille en maison consommant 14 000 kWh (puissance de 9 kVA en offre de base). Soit pour le premier cas une facture qui passe de 1 228 euros (août 2021) à 1 271 euros et pour le deuxième de 2 418 euros à 2 508 euros. Sans le bouclier tarifaire, la hausse aurait été respectivement de 337 euros et de 697 euros. Dans le contexte actuel, et tant que la tension sur le marché de gros perdurera, les contrats à tarif réglementé ou indexés sur celui-ci demeurent les plus protecteurs. Si vous avez déjà ce genre d’abonnement, ne bougez pas !

Si vous avez une offre à prix libre

Avec ce type de contrat, les tarifs ne sont pas régulés et sont, à l’heure actuelle, au minimum de 40 à 50 % plus chers que le tarif réglementé. Pour un appartement de 60 mètres carrés, une puissance de 6 kVA et une consommation de 7 426 kWh annuels (option de base), il vous en coûtera par exemple 2 826 euros annuels chez Energies du Santerre ou 2 696 euros chez Eni, contre 1 416 euros avec le tarif réglementé. Au 1er février, vous subirez une hausse importante : + 40 % par exemple avec Enercoop par rapport au TRV. D’autres opérateurs n’ont pas attendu le 1er février pour augmenter les prix : selon Hello Watt, la hausse a été de + 193 % chez Mint Energie en janvier ou encore de + 148 % chez Mega Energie. Tant que les prix de gros resteront au plus haut, vous êtes perdant et avez donc tout intérêt à résilier pour revenir au tarif réglementé (ou à une offre indexée sur le TRV). D’autant qu’il est possible de le faire à tout moment et sans frais.

Si vous avez une offre à prix fixe

L’intérêt ici est le blocage des prix pour toute la durée mentionnée au contrat. Dans le contexte actuel, ce type d’abonnement peut être un bon plan car le prix du kWh étant figé, vous profitez à plein de la baisse des taxes. Ainsi, si vous avez souscrit l’offre Webeo 2 ans d’Engie en septembre 2021 avec un prix du kWh inférieur de 2,5 % au TRV, vous économisez au 1er février de 184 euros (cas de notre appartement avec 7000 kWh de consommation) à 363 euros (cas de la maison avec 14 000 kWh).

Dans tous les cas, le bouclier tarifaire s’applique jusqu’à fin janvier 2023. Ensuite, un rattrapage devrait s’opérer pour compenser les pertes induites pour EDF. Mais d’ici là, une baisse peut aussi intervenir sur le marché de gros, auquel cas les opérateurs alternatifs adapteront leurs offres et il pourrait redevenir intéressant de faire jouer la concurrence. Pour suivre l’évolution du marché, le comparateur en ligne Selectra a mis en place un indice des prix de l’énergie publié tous les mois (vers le 15). Établi pour l’électricité et le gaz, il tient compte de l’évolution du prix kWh et de l’évolution du prix de la facture.

Quelles conséquence si mon opérateur fait faillite ?

Après Hydroption début décembre (fournisseur de la ville de Paris), c’était au tour de Bulb d’arrêter ses activités le 20 janvier en raison de la crise énergétique. Dans une telle configuration, les clients sont repris d’office sans formalités par EDF qui a été désigné par le gouvernement fournisseur de secours dans les zones desservies par Enedis et RTE (95 % du territoire).