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Achat, assurance, entretien… combien coûte la voiture électrique ?

Pour s’offrir une voiture électrique, il faut y mettre un certain prix. Mais sur le long terme, elle vous permet d’économiser en évitant un entretien important.

voitures électriques
Crédit: iStock.

Plusieurs raisons peuvent vous pousser à passer à la voiture électrique. Historiquement élevés, les prix à la pompe, tous carburants confondus (1,96 euro/litre pour le sans-plomb 95-E10 en moyenne, 2,11 euros/litre pour le gazole, au 25 mars), risqueraient de vous refroidir. Les aides de l’Etat favorisent également le passage à l’électrique. Le bonus écologique (jusqu’à 6.000 euros), la prime à la conversion (jusqu’à 5.000 euros), le crédit d’impôts pour l’installation, chez soi, d’une borne de recharge… des coups de pouce non négligeables pour éviter de faire grimper la facture.

Depuis début 2022, les ventes grimpent en flèche. Comme le rappelle Le Parisien, sur les deux premiers mois, 23.671 voitures électriques ont été immatriculées (contre 14.896 en 2021), soit 10,8 % des parts de marché (contre 5,8 %). De plus, 315.978 véhicules électriques et hybrides rechargeables ont été immatriculés en France en 2021, soit une hausse de + 62 % par rapport à 2020. Par rapport à 2019, la hausse est encore plus impressionnante +355 %.

Dacia propose une voiture électrique à moins de 18.000 euros

Pour s’offrir une voiture électrique, il faut y mettre un certain prix. D’une façon générale, concernant les modèles les plus vendus, comme La Tesla Model 3, dont le prix s’affiche à partir de 43.800 euros (bonus écologique non compris), la barre est au-dessus de 30.000 euros en achat comptant. Le loyer quant à lui est au minimum à 150 euros/mois en leasing. Seule la voiture Spring de Dacia casse le marché, proposée à partir de 17.690 euros (bonus écologique de 4.776 euros non déduit).

« Le mouvement vers l’électrique est une tendance de fond, accélérée par l’envolée des prix des carburants et la mise en place des zones à faibles émissions (ZFE), analyse Romain Boscher, le directeur général d’Aramisauto, le leader de la vente d’occasion. La semaine dernière, nous avons écoulé deux fois plus de voitures électriques que les semaines passées. » La Renault Zoé, commercialisée dès 2013, est l’un des principaux succès du marché de la seconde main. Chez Aramisauto, une Zoé de 2016, 28.448 km au compteur, est mise en vente à 9.990 euros, mais la batterie est ensuite en location. Avec batterie incluse, une Zée de 2020, 11.322 km au compteur, est mise en vente à 22.990 euros.

Un entretien moins onéreux

De plus, la voiture électrique vous évite un entretien trop conséquent. Pas d’embrayage, pas d’huile, pas de boîte de vitesses… Tout est d’une simplicité mécanique. Autre atout : les freins se détériorent moins vite. Une révision générale d’un modèle thermique coûte en moyenne entre 250 et 300 €, selon les modèles et les versions. Selon l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere), le budget entretien des voitures électriques serait divisé par deux par rapport aux modèles thermiques. Un propriétaire économiserait ainsi en moyenne près de 4.000 € sur l’ensemble de la durée de vie de son véhicule.

« Le moteur électrique ne tombe jamais en panne, s’enthousiasme Arnaud Pigounides, le fondateur de Retrofuture, une start-up de retrofit (remplacement du moteur thermique d’un véhicule par un moteur à batterie). Seul risque : la défaillance de la batterie, mais celles-ci sont généralement couvertes par une garantie. »

Une sinistralité à prendre en compte

En revanche, la prime d’assurance vous coûtera plus cher. « La différence est en partie compensée par la suppression de la taxe sur les conventions d’assurances (TCAS) par l’Etat pour les véhicules verts, qui pèse 20 % de la prime normalement », précise Christophe Dandois, cofondateur de Leocare, assurance 100 % en ligne. Il est toujours possible de bénéficier d’offres promotionnelles, les assureurs prenant également le tournant écologique. Quand il s’agit de voitures haut de gamme, en revanche, la prime s’envole à au moins 1.000 € par an, pour une moyenne en France de 600 €.

Méfiez-vous toutefois de la sinistralité. « Les conducteurs se laissent surprendre par la puissance de ces voitures, affirme Olivier Moustacakis, cofondateur d’AssurLand. Le coût des réparations est aussi plus important, notamment parce qu’il y a beaucoup d’aluminium dans la carrosserie, des technologies innovantes et peu de garages agréés. » Concernant le plein d’électricité, EDF table sur « moins de 2 euros/100 km en électrique contre plus de 10 euros/100 km parcourus en voiture thermique ». Ainsi, vous diminuerez votre facture carburant par trois ou quatre.

Sur le coût de l’électricité, au ministère des Finances, un haut fonctionnaire admet que l’évolution actuelle du parc automobile français représentera un casse-tête pour les comptes publics : « Le jour où l’immense majorité des voitures auront basculé en électrique, l’Etat devra absolument compenser les 40 et quelques milliards d’euros que lui rapportent les taxes sur les carburants. Il faudra inventer une nouvelle fiscalité. »