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Inflation : une réforme pour permettre des promotions plus importantes sur l’alimentaire ?

Bruno Le Maire a proposé de revenir sur la loi interdisant les promotions alimentaires supérieures à 34% afin de protéger les consommateurs de l’inflation. Une idée qui ne ravit pas les agriculteurs.

Chèque alimentation
Pixabay

Des émeutes dans les grandes surfaces à cause de promotions sur le Nutella à -70%. C’était en 2018. Depuis, les réductions ont été encadrées par les lois « Egalim » de 2018 et 2022, et ne peuvent excéder 34% sur l’alimentaire. Pas tant pour éviter d’assister à de telles scènes que pour protéger les agriculteurs et éleveurs, en empêchant que les rabais ne se fassent sur leurs faibles marges. Mais face à l’inflation, le gouvernement envisage de revenir sur ces règles. Interrogé par France Inter lundi 4 juillet, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a proposé de relever ce seuil à 50%.

Des promotions au détriment des agriculteurs ?

Une idée qui a été saluée du côté des grandes surfaces. « L’inflation, c’est un impôt pris sur les consommateurs. Je suis donc favorable à ce que nous puissions faire de plus fortes remises, sans pour autant casser la mémorisation du prix principal », a fait savoir Michel-Édouard Leclerc, patron de la chaîne du même nom. Néanmoins, le son de cloche est tout autre du côté des producteurs.

« Une fois de plus, ce sont les agriculteurs qui vont payer cette nouvelle baisse tarifaire, alors même qu’il n’y a jamais eu autant de dépôts de bilan. À quoi bon parler de souveraineté alimentaire si, à côté, on met en danger notre profession ? » a fustigé dans Le Parisien Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, premier syndicat agricole. La loi « Egalim 2 » sanctuarise une partie des revenus des agriculteurs en répercutant la hausse des cours des matières premières sur le prix de vente final. Mais Christiane Lambert rappelle qu’elle ne protège pas de l’impact de l’inflation concernant l’énergie, les carburants ou les emballages.

Bruno Le Maire veut faire de l’alimentation et du carburant les deux principaux postes de dépenses à préserver pour les consommateurs, dans le cadre du projet de loi sur le pouvoir d’achat. Mais face à la grogne des agriculteurs, son entourage assure au Parisien : « Nous allons mettre les choses sur la table pour en discuter et regarder dans quelles mesures nous pouvons passer à 50% de promotion au lieu de 34%, sans que cela affecte les agriculteurs. »