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Carburant : la prime de l’État prolongée

La Première ministre a fait savoir, dimanche 16 octobre, que l’aide de 30 centimes sur le litre de carburant et celle de Total seraient prolongées en novembre.

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La France fait face depuis plusieurs semaines à une pénurie de carburant en raison du mouvement de grève dans plusieurs raffineries. Les files d’attente souvent longues se sont donc ajoutées aux contraintes des automobilistes qui ont déjà subi cette année la hausse des prix du carburant. Celle-ci avait été limitée par un geste exceptionnel de l’État. Pour maintenir le prix moyen du carburant sous le seuil des deux euros, celui-ci avait consenti au 1er septembre une ristourne de 30 centimes par litre à la pompe. Celle-ci devait à l’origine être maintenue jusqu’au 31 octobre, puis être réduite à 10 centimes en novembre et décembre, et enfin disparaître au 1er janvier 2023.

L’exécutif et Total maintiennent leur prime

Alors que le prix du carburant avait déjà augmenté du fait notamment de la guerre en Ukraine et d’une limitation de la production du brut par l’Opep, cette pénurie a provoqué une nouvelle flambée. Dans ce contexte, la Première ministre Élisabeth Borne a annoncé un nouveau geste, dimanche 16 octobre sur TF1. « Je vous confirme que nous allons prolonger cette remise sur les carburants jusqu’à mi-novembre », a-t-elle fait savoir. Elle a également déclaré que le PDG de Total s’était de son côté engagé à prolonger la baisse de 20 centimes par litre qui devait également prendre fin en octobre.

Un geste qui interroge sur l’avenir de cette aide en cas de poursuite du conflit social. D’autant plus que la patience des Français risque d’être également mise à l’épreuve par un appel à la grève interprofessionnel à partir de mardi 18 octobre, qui devrait notamment toucher les transports ou les crèches. La Première ministre a demandé « aux salariés qui restent en grève malgré cet accord de le respecter et de ne pas bloquer le pays avec toutes les difficultés que cela crée pour les Français ».

Cette annonce intervient alors que certains économistes mettent en garde contre une future explosion des prix. En effet, la suppression des aides de l’État au 1er janvier doit intervenir en même temps que la mise en place de l’embargo sur le pétrole russe. De quoi envisager un litre de carburant à 2,50 euros dans un contexte social délicat.