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Grande distribution : vers une inflation « à deux chiffres », selon Michel-Édouard Leclerc

Le président du Comité stratégique des centres E. Leclerc a annoncé une inflation importante dans la distribution faute d’évolutions des règles de la concurrence.

grande distribution
Crédits: iStock.

En octobre, l’inflation sur un an a été chiffrée à 6,2%. Un chiffre exceptionnellement haut, mais qui cache une partie de la réalité, selon Michel-Édouard Leclerc, président du Comité stratégique des centres E. Leclerc. Et cela ne devrait pas s’arranger selon lui. Il a prédit, mardi 8 novembre sur BFMTV, un « tsunami » de l’inflation dans la grande distribution, sauf à alléger les règles qui pèsent sur le secteur en matière de négociation des prix avec les fournisseurs. « L’inflation dans les magasins n’est pas l’inflation de la France », a -t-il rappelé. En effet, la hausse générale des prix est limitée par le bouclier tarifaire sur les énergies. Une mesure saluée par le chef d’entreprise, mais qui peut masquer la hausse des produits de consommation courante « bien supérieure ».

Contre l’inflation dans la grand distribution, faire jouer la concurrence

La hausse des prix s’établit à 17,74% pour les conserves de légumes, à 15,08% pour les huiles ou encore à plus de 20% pour le café. Des produits non alimentaires sont également touchés, avec par exemple +11% sur le papier. Dans le cadre de la loi Egalim, de nouvelles négociations doivent avoir lieu entre les producteurs et distributeurs en décembre. « Mes collaborateurs me rapportent qu’il n’y a aucune demande de hausse inférieure à deux chiffres », affirme Michel-Édouard Leclerc.

Il appelle donc à un allégement des contraintes imposées par la loi Egalim. Celle-ci a pour objectif de garantir une rémunération juste aux agriculteurs et éleveurs. Pour cela, elle encadre le seuil de revente à perte ou prévoit des « indicateurs de référence » afin de fixer les prix du marché. Pour le patron du groupe « on nous demande de ne pas négocier, de ne pas mettre les industriels en concurrence ». Et d’ajouter « ça ne concerne pas seulement la grande distribution, mais aussi les cantines, les centrales d’achat pour l’administration. Cette inflation, contrairement à ce qui nous est dit, n’est pas que passagère », a-t-il également alerté.