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SNCF : le bouclier tarifaire étendu aux billets de train ?

La facture d’électricité de la SNCF a explosé. Le gouvernement lui demande d’appliquer un bouclier tarifaire pour éviter que le prix des billets n’augmente trop.

billets de train
Des agents OUIGO au quotidien sur la ligne Paris-Vaugirard – Bordeaux Saint-Jean le 22 juin 2018. Copyright-SNCF-ouigo-Emeric-Fohlen

Entre 1,6 et 1,7 milliard d’euros. C’est la hausse des coûts d’électricité qu’anticipe la SNCF pour l’année 2023, dans un contexte d’explosion des prix de l’énergie. Un chiffre qui laisse craindre une répercussion sur le prix des billets de train. Ce qui serait doublement problématique alors que les Français subissent déjà la hausse du prix du carburant, et que le rail est justement une alternative aux énergies fossiles. Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, avait déclaré en septembre que répercuter ces coûts sur les prix des billets reviendrait à augmenter les tarifs de 10%.

Les billets de trains augmenteront moins que l’inflation

Une situation impensable pour le gouvernement. Le ministre des Transports Clément Beaune a demandé à l’entreprise, dimanche 6 novembre, de « travailler en matière de prix des billets sur un bouclier tarifaire ». L’objectif est « que l’augmentation des billets soit en tout cas inférieure à l’inflation [de 6,2% en octobre], et surtout que ceux qui ont besoin du train au quotidien, les plus modestes, les jeunes qui utilisent les Ouigo, par exemple, soient protégés ». Selon Franceinfo, ce mécanisme de protection pourrait donc être appliqué en priorité aux abonnements, et donc aux voyageurs les plus réguliers. Les usagers du Ouigo aux revenus plus modestes pourraient également être concernés.

Plusieurs questions demeurent cependant. D’une part sur la façon d’identifier les voyageurs les plus durement touchés par la hausse des prix. D’autre part sur la façon de financer ce geste. La SNCF, comme les autres entreprises, bénéficie des aides de l’État pour acheter de l’électricité. Mais sa consommation annuelle est énorme, équivalente à la production d’un réacteur nucléaire. Si l’entreprise assume elle-même ce bouclier tarifaire en puisant dans ses bénéfices, cela risque de se faire au détriment de l’entretien et du développement du réseau. Difficile donc d’imaginer que l’État ne soit pas mis à contribution d’une façon ou d’une autre.

Jean-Pierre Farandou a assuré que l’ensemble du surcoût énergétique ne serait pas répercuté sur les billets. Celui-ci devrait être inférieur à 6%. La grille tarifaire de 2023 doit bientôt être dévoilée.