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Les inégalités de niveau de vie ont augmenté en 2018

Le niveau de vie des Français progresse très lentement. Entre 2014 et 2018, il n’a cessé de s’améliorer, selon une étude de l’Insee publiée mercredi 9 septembre. En 2018, en France métropolitaine, le niveau de vie médian de la population a atteint 21 250 euros annuels, soit 0,3% de plus qu’en 2017 en euros. Cette année-là, le niveau de vie des plus modestes était inférieur à 11 210 euros. Celui des 10% les plus aisés était au moins 3,5 fois supérieur (soit supérieur à 39 130 euros). Cette amélioration générale masque pourtant un accroissement des inégalités sociales.

Dopé par la progression des revenus du patrimoine, « liée à la forte hausse des dividendes dans un contexte de fiscalité plus incitative à leur distribution plutôt qu’à leur capitalisation et d’une hausse des revenus d’activité », le niveau de vie des 10% les plus aisés a progressé de 0,6% en 2018. Parallèlement, celui des 10% les plus modestes a reculé, en raison d’une diminution des allocations logement. Plus généralement, 30% des Français ont perdu de leur marge de manœuvre financière cette année-là. Année qui est également celle du lancement du mouvement des Gilets jaunes.

14,8% de pauvres

Malgré une hausse, les inégalités de niveau de vie n’ont pas dépassé le point haut de 2011. La crise de 2008 avait, en effet, engagé une chute du niveau de vie des Français. Toujours est-il qu’en 2018, 9,3 millions de personnes vivaient au-dessous du seuil de pauvreté monétaire fixé à 1 063 euros par mois. Le taux de pauvreté s’établissait alors à 14,8% soit une progression de 0,7 point par rapport à 2017.

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Comme le souligne l’Insee, la baisse des allocations logement, née de la réforme de la réduction du loyer de solidarité, explique en grande partie la baisse du revenu des ménages modestes et de la hausse du taux de pauvreté. Si cette diminution ampute les niveaux de vie tels qu’ils sont mesurés, elle a été compensée dans le parc social par des baisses correspondantes des loyers, donc des dépenses des ménages concernés. Mais tous n’habitent pas dans des logements sociaux.