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Confinement : un ménage sur quatre s’est appauvri

Les ménages les plus modestes et ceux avec des enfants sont ceux dont la situation financière s’est le plus dégradée lors du confinement.

L'ASS chômage longue durée pôle emploi

La pause forcée liée au confinement s’est accompagnée d’une baisse du revenu brut disponible de 2,6% au deuxième trimestre, chiffre l’Insee, dans une note publiée mardi 13 octobre. Mais cette moyenne n’a pas touché les foyers français de la même manière. Ainsi entre le 17 mars et le 11 mai, 23% des ménages déclarent que leur situation financière s’est dégradée à la suite du confinement et de la contraction sans précédent de l’activité économique. Cette dégradation touche tout particulièrement les ménages les plus modestes.

Ainsi, parmi les 10% les plus pauvres, ils sont 35% à noter une dégradation de leur situation financière. Concrètement, au sein de cette part, 42% des foyers doivent faire attention à leurs dépenses, tant leur situation est « juste », contre 34% pour l’ensemble de la population. Et ils sont 11% à décrire une situation « difficile », contre 11% pour l’ensemble de la population. Pire, 7% des sondés déclarent qu’ils « ne peuvent pas s’en sortir sans s’endetter » (2% pour l’ensemble de la population).

Réduction du temps de travail

Selon l’Insee, « cette situation s’explique essentiellement par la chute de l’activité économique. Ainsi, les retraités paraissent préservés de cette situation, tandis qu’un tiers des actifs déclarent une perte de revenu ». Mais d’autres facteurs peuvent aussi expliquer cette situation. La fermeture des établissements scolaires a, par exemple, pu obliger à restreindre leur temps de travail.

Et si les droits aux arrêts de travail pour garde d’enfants ont été généralisés à la suite de la fermeture des établissements scolaires, ces derniers ont été rémunérés par l’assurance maladie, et à partir du 1er mai, selon les modalités de l’activité partielle. Une évolution qui a pu causer une perte de revenu. La fermeture des cantines scolaires a également pu entraîner des frais supplémentaires.

Plus de télétravail chez les cadres

Parmi les personnes en emploi avant le début du confinement, 16% déclarent être passées totalement, et 20% en partie, par le chômage technique ou partiel en mai. Les artisans et les commerçants ont été les plus directement touchés par la chute de l’activité. Plus de la moitié des indépendants déclarent une dégradation de leur situation financière. Les ouvriers sont ensuite les plus affectés, avec 37% de ménages déclarant une perte de revenu.

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Parallèlement, les cadres ont plus souvent travaillé à distance. 80% de ceux qui étaient en activité en mai ont eu recours au moins partiellement au télétravail, contre 35% des employés et seulement 6% des ouvriers.