Consommation: après la « taxe soda », bientôt une taxe sur la charcuterie?

Un député du Loiret, Richard Ramos (MoDem), propose de taxer les rillettes, jambons et saucisses sous vide pour forcer les industriels à ôter les nitrites de leurs recettes.

Si la taxe venait à être votée, elle serait symbolique : quelque 10 centimes au kilo. Credit: Yann Bohac/SIPA/1802061810

Dans le jambon tout ne serait pas bon. En tout cas dans celui produit par les industriels à grand renfort de nitrites qui permettent à la viande de porc de rester rose, mais sont considérés comme dangereux par l’Organisation mondiale de la santé. Si l’industrie de la charcuterie a déjà fourni des efforts pour diminuer sa dépendance aux sels nitrités une large majorité des charcuteries industrielles en contiennent.

« Ce n’est pas quelque chose de punitif »

Face à ce constat, et la corrélation entre les nitrites et le cancer colorectal démontré par le Centre international de recherche sur le cancer, le député du Loiret Richard Ramos (MoDem) a déposé un amendement au projet de loi de financement 2020 de la Sécurité sociale pour taxer les charcuteries qui contiennent de ce sel, rapporte Ouest-France.

Si la taxe venait à être votée, elle serait symbolique : quelque 10 centimes au kilo. « Ce n’est pas quelque chose de punitif. [Cette loi] permettrait de créer un outil pour dire aux industriels : ‘On vous donne deux ou trois ans pour évoluer dans vos pratiques. Et si vous ne le faites pas, alors on aura créé l’outil pour vous taxer fortement’ », a expliqué Richard Ramos sur Europe 1.

Détaxer les produits vertueux

Le problème, pour les consommateurs, c’est que les alternatives aux sels nitrités sont plus coûteuses. Le produit est également moins beau à l’œil et périme plus vite. Reste que le député s’inspire de la taxe soda dont la mise en place, en 2012, a abouti à la diminution du taux de sucre dans les boissons françaises.

A LIRE >> Alimentation : une pétition européenne est lancée pour rendre obligatoire le Nutriscore

Les industriels, eux, sont plutôt défavorables à cette manière de faire. Chez Fleury-Michon, par exemple, on propose de détaxer les produits vertueux (ceux dotés d’un bon Nutriscore) afin d’en démocratiser la consommation, plutôt que de rendre plus cher des produits pour la plupart d’entrée de gamme.


Sur le même thème

alimentation Alimentation santé Consommation santé taxe

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique