Le prix de votre paquet de pâtes pourrait flamber dans les prochains mois

La faute à l’envolée des cours mondiaux du blé dur. Depuis juin, les prix de cette matière première ont augmenté de plus de 25%.

En cinq mois, les prix du blé dur ont augmenté de plus de 25%. Crédit : ©Istock

Il y a urgence sur le blé. Selon un communiqué du Syndicat des industriels fabricants de pâtes alimentaires de France (SIFPAF) et du Comité français de la semoulerie industrielle (CFSI), les cours mondiaux du blé dur s’envolent de façon inquiétante. Le produit, rappelle BFMTV, est la matière première exclusive de 90% des pâtes consommées en France.

En cinq mois, les prix du blé dur ont augmenté de plus de 25%. Une tendance qui se poursuit et qui s’explique par un contexte délicat. La récolte, cette année, a été très mauvaise tant sur le plan quantitatif que qualitatif au Canada, premier producteur et exportateur mondial. Dans le pays, seule 20% de la récolte sera de bonne qualité pour la fabrication de pâtes.

8,4 kg par an par habitant

À ces productions décevantes, il faut ajouter un déséquilibre toujours plus important entre l’offre et la demande à travers le monde. En effet, la production de cette année est historiquement faible avec 35,6 millions de tonnes. Cette année, il devrait ainsi manquer 2,6 millions de tonnes de blé dur pour satisfaire une demande croissante.

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Une situation qui pourrait toucher directement le porte-monnaie des Français. Ces derniers consomment, en moyenne, 8,4 kg de pâtes par habitant chaque année alors que l’Hexagone compte principalement sur l’extérieur pour s’approvisionner. L’an dernier, il a ainsi importé 64% de ses pâtes alimentaires, dont 41% en provenance d’Italie, également touchée par une faible récolte de blé.

Répercussion inévitable ?

Face à ces difficultés, explique BFMTV, la France va devoir compter sur sa propre production de blé dur, qui est de bonne qualité. Mais ce dernier risque d’être également fortement convoité à l’étranger pour compenser les pertes canadiennes et italiennes. Et au final, ces tensions et hausses de prix sur le marché du blé pourraient toucher directement les pâtes alimentaires.

« C’est bien l’esprit de la loi EGAlim que la réalité de l’évolution du prix de la matière première soit répercutée tout au long de la filière, et ce jusqu’au consommateur final, surtout dans une filière où le prix de revient d’une pâte alimentaire de qualité supérieure est constituée à 75% du prix du blé dur », explique Christine Petit, secrétaire générale du SIFPAF sur la chaîne d’information.

50% d’augmentation en 2008

Ce n’est pas la première fois que la filiale du blé dur connaît une telle crise. En 2007, la tonne de blé dur avait soudainement grimpé passant de 170 euros au premier trimestre à 400 euros en novembre avant d’atteindre le pic de 520 euros en février 2008. Une hausse des prix qui s’était répercutée sur les paquets de pâtes en décembre 2007 avec des augmentations de 10 à 20 centimes.

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La crise avait également eu des répercussions sur le long terme puisqu’elle a entraîné une hausse moyenne du prix du paquet de pâtes de 20,9% en juillet 2008, voire de 50% pour les premiers prix, rappelle LSA Conso. En conséquence, les ventes de pâtes avaient reculé de 2% sur les sept premiers mois de l’année 2008.

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