Alimentation: les produits végans, chers et parfois trompeurs

La Répression des fraudes a analysé les prix, les noms et les composants de produits végétaliens. Les alternatives végétales coûtent parfois deux à quatre fois plus cher que les produits d’origine animale.

Les noms de produits végétaux jouent sur une « ambiguïté » en utilisant les termes « empruntés au registre de la cuisine traditionnelle », affirme la DGCCRF. Crédit: iStock.

Pour l’environnement ou pour la santé, les Français se questionnent de plus en plus sur leur consommation de viande. De plus en plus populaires, les produits végétaux apparaissent comme des alternatives pour les personnes souhaitant réduire ou éliminer la viande, ainsi que pour les personnes adoptant une alimentation végétalienne, c’est-à-dire, sans aucun produit animal. Ces produits végans se présentent souvent comme du « lait », du « fromage » ou du « jambon » végétal. Des appellations trompeuses, selon la Répression des fraudes (DGCCRF), qui souligne également le prix élevé de ces aliments.

374 établissements contrôlés

La DGCCRF a publié fin janvier les résultats de son enquête dans 374 supermarchés, épiceries et auprès de quelques producteurs locaux. L’objectif était de vérifier que ces nouveaux produits « respectent les règles d’étiquetage, de présentation des denrées, de composition et de caractéristiques nutritionnelles ». À base de noix de cajoux ou d’amandes pour remplacer le lait de vache, de soja ou de protéines de petits pois pour remplacer la viande, ces produits végans utilisent souvent la terminologie des produits animaux, ce qui peut induire le consommateur en erreur, dénonce la Répression des fraudes.

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En effet, on retrouve ainsi dans les rayons des « fromages vegan », du « bacon vegan », du « jambon roulé aux herbes », des « filets de saumon végétal », du chocolat au lait végétal ou encore du « sirop au goût de miel et de caramel ». Ces noms de produits jouent sur une « ambiguïté » en utilisant les termes « empruntés au registre de la cuisine traditionnelle », affirme la DGCCRF. Au-delà des pratiques potentiellement trompeuses pour les clients, ces dénominations sont protégées par la réglementation. Le fromage ou le yaourt doivent contenir du lait de chèvre ou de vache pour être appelés ainsi, par exemple. Le miel ne peut être produit que par les abeilles.

Une « marge brute plus importante »

Par ailleurs, acheter ces alternatives végétales coûte cher. Selon l’étude de la Répression des fraudes, les prix sont deux à quatre fois plus élevés que leurs équivalents d’origine animale. Ceci s’explique par plusieurs raisons : le prix des matières brutes qui les composent, comme les oléagineux, le processus de fabrication qui demande beaucoup de recherche pour arriver à un goût et une texture particulière, enfin, ces produits sont souvent bio. Malgré tout, l’administration souligne que « la marge brute des professionnels sur les produits vegans semble (…) plus importante que pour des produits ‘traditionnels’ ». À la suite de cette enquête, deux procès-verbaux pénaux, 18 injonctions et 66 avertissements ont été lancés.

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