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Derniers arbitrages avant le lancement du revenu destiné aux jeunes précaires

Le futur revenu d’engagement pour les jeunes (REJ) ne sera pas un « RSA jeune », il impliquera un parcours d’insertion et devrait avoir une durée limitée. Tout n’est pas encore fixé.

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Crédit : IStock.

C’est un projet qui a fait beaucoup parler de lui : le revenu d’engagement pour les jeunes (REJ) devrait prochainement être mis en place, bien que la date de sa présentation officielle ait été repoussée. En effet, elle était initialement prévue lundi prochain, le 20 septembre, par le président de la République Emmanuel Macron. La nouvelle date n’a pas encore été fixée, précise le quotidien Les Echos jeudi 9 septembre, car des arbitrages sont encore en cours. Le dispositif devrait coûter au moins deux milliards d’euros, selon nos confrères, et les crédits seraient votés sous la forme d’amendements pour intégrer le projet de loi de Finances (PLF) 2022. Le gouvernement souhaite par ailleurs qu’une application soit développée pour les futurs bénéficiaires de ce REJ.

Un million de jeunes de moins de 26 ans sans emploi, qui ne font pas d’études, ni de formation, sont concernés, ainsi que les travailleurs précaires. Le futur REJ sera limité dans le temps et le contrat sera « donnant-donnant », a précisé Jean Castex mercredi 8 septembre, à l’occasion du séminaire gouvernemental. Le Premier ministre a encore écarté l’idée d’un « RSA jeune », car le REJ comprendra un accompagnement pour que le jeune s’insère dans la vie professionnelle. Une allocation de 500 euros, identique à la Garantie jeune, ou de 300 euros pour les personnes rattachées à un foyer fiscal, de la première tranche d’impôt sur le revenu, seraient prévues. La durée maximale du REJ serait de 18 mois, selon le quotidien économique, mais elle ne ferait pas l’unanimité.

Une durée limitée

En effet, le gouvernement prévoit une durée moyenne de neuf à 12 mois, et la durée maximale serait une bonne solution pour l’Union nationale des missions locales (UNML). En revanche, le Conseil d’orientation des politiques de jeunesse (COJ) ne partage pas cette opinion. « C’est contraire à l’engagement du gouvernement d’établir des parcours sans rupture », estime Antoine Dulin, président de la commission de l’insertion des jeunes du COJ. Cette échéance empêcherait le jeune d’accéder à un logement stable ou à un crédit bancaire. En effet, les individus qui arrivent au bout de 12 mois de Garantie jeunes pourraient basculer dans la précarité. L’exécutif répond à ces inquiétudes : « Cela ne représente que très peu de cas et on peut imaginer des dérogations », indique une source aux Echos.

Autre point qui suscite des arbitrages de la part du gouvernement, les sanctions éventuelles appliquées aux jeunes qui ne joueraient pas le jeu. Par exemple, s’il ne se rend pas au rendez-vous avec son conseiller, ou s’il ne répond pas aux sollicitations. Plusieurs idées sont avancées : la graduation de ces sanctions, avant la suspension provisoire de l’allocation. Antoine Dulin rejette en tout cas l’idée d’imposer du bénévolat ou des missions d’intérêt général.« Faire du bénévolat doit ressortir d’un choix, pas d’une contrainte », indique-t-il à nos confrères.