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Coronavirus: premiers gels de salaire annoncés par les entreprises

De nombreuses entreprises ont décidé de prendre des mesures sur les salaires pour faire face aux difficultés économiques liées à la crise sanitaire. Près de la moitié des directeurs des ressources humaines (DRH), soit 47%, selon une étude du cabinet de courtage et de conseil Willis Towers Watson, envisagent ou ont déjà pris des mesures pour geler les salaires. Laurent Termignon, directeur de l’étude, précise au Monde que « toutes les entreprises ne le feront pas, mais elles y pensent, car elles sont inquiètes pour la survie de leur organisation ».

Par exemple, à la RATP, le plan de service a été revu à la baisse pendant le confinement. Un employé témoigne : Bastien Berthier travaille d’ordinaire jusque tard dans la nuit, et aussi les dimanches et les jours fériés, pour un complément de salaire non négligeable. Le conducteur a moins travaillé pendant le confinement, résultat, 250 euros nets de primes en moins sur sa fiche de paie, soit 10% de son salaire net environ. « Après une grève contre la réforme des retraites où l’on n’a pas été payé pendant cinquante jours, c’est dur », confie le quadragénaire au Monde.

Chez Michelin, les augmentations ont été suspendues

Autre exemple, chez Michelin : les bons résultats du groupe avaient conduit en février à la conclusion d’un accord d’augmentation des salaires de 2% à 3% selon les postes. Mais après deux mois de confinement, la direction propose « une clause de retour à la bonne fortune », soit la suspension des augmentations, jusqu’au retour du résultat de l’entreprise à son niveau de 2019. Et ce, d’ici à 2023. « C’est un effort important demandé aux employés, pour un gain de trésorerie très faible », commenteJean-Christophe Laourde, délégué syndical de la CFE-CGC. « Il y a un déséquilibre entre la pérennité du groupe, l’intérêt des salariés et celui des actionnaires », bien que les dividendes aient été pratiquement divisés par deux.

À LIRE>> Report des primes d’intéressement et d’épargne salariale, quels changements ?

Chez Fnac Darty, le chiffre d’affaires a reculé d’un tiers pendant la période. La direction a décidé de compenser la perte de rémunération pour les salariés placés en activité partielle et elle maintient 75% de la part variable jusqu’à six semaines après la reprise. En échange, les employés peuvent travailler jusqu’à 43 heures par semaine pendant les périodes de forte activité et 25 heures lorsque l’activité est moins importante. De plus, les salariés sont incités à prendre leurs congés au début de la reprise, alors qu’il y a encore peu de clients. La DRH du groupe, Tiffany Foucault, précise que « cette négociation devrait (leur) permettre d’adapter le dimensionnement des équipes à la reprise très progressive de l’activité ». La négociation a été signée par les représentants du personnel de Darty mais refusée par ceux de la Fnac. Didier Blain, représentant de la CFDT, dit que l’entreprise « fait du chantage à l’emploi sur les employés, les plus bas salaires ». Il rappelle que le groupe a obtenu un prêt garanti de l’État de 500 millions d’euros.

Prime forfaitaire proposée pendant la crise sanitaire

Certains salariés se sont vus proposer le choix d’une prime forfaitaire et non indexée pendant la crise sanitaire. Par exemple, 1 000 euros chez Suez de prime exceptionnelle défiscalisée pour les employés sur le terrain. L’activité ne s’est pas arrêtée et la prime est une « reconnaissance » d’un effort supplémentaire, parce que sans les salariés de Suez, « le traitement des déchets dans les hôpitaux ne pouvait être réalisé », souligne Isabelle Calvez, DRH du groupe. Les membres du comité exécutif ont par ailleurs baissé leur rémunération de 25% pendant la durée du confinement pour abonder un fonds d’action contre le coronavirus. Selon la Dares, plus de 84% des effectifs d’entreprises de plus de 10 salariés perçoivent une part de rémunération sous forme de prime ou de complément de salaire. Et selon le cabinet Willis Towers Watson, 27% des entreprises interrogées envisagent ou ont déjà réduit la rémunération du conseil d’administration.

Rédaction Mieux Vivre

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