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En 2020, les augmentations de salaire seront légèrement revues à la baisse

Si dans certains cas les augmentations sont maintenues, les entreprises ont dû geler les embauches pour compenser. Dans d’autres entreprises, les salaires ont dû être gelés.

Malgré la crise économique, les entreprises françaises ne pensent pas couper drastiquement dans les augmentations salariales. Selon la nouvelle enquête 2020 sur les augmentations de salaire du cabinet de conseil Willis Towers Watson, la moitié des entreprises françaises interrogées ont prévu d’augmenter les salaires d’au moins 2,3% en 2020, au lieu des 2,5% prévus à l’origine. Certains DRH semblent également optimistes pour 2021 puisque les augmentations prévues pour l’année prochaine devraient s’élever à 2,4%. Le cabinet, dans son enquête, ne relève pas de différences entre les différentes catégories d’employés (cadres, non-cadres, cadres supérieurs).

Toutefois, cette réalité présente également un revers : les entreprises prévoient de réduire massivement leurs embauches « pour limiter l’impact de la crise sur leur trésorerie », selon Khalil Ait-Mouloud, responsable de l’activité enquêtes de rémunération au sein de Gras Savoye Willis Towers Watson. Ainsi, huit DRH sur dix ont déjà revu (ou ils pensent le faire) leur politique de recrutement ou procédé à une restructuration. Parmi ceux-ci, 63% sont passés à l’acte : ils sont 82% à avoir gelé les embauches et 18% à avoir réduit leurs effectifs. Revoir la politique de temps de travail est aussi une possibilité qui s’offre à eux.

Aucun changement aux Etats-Unis

De plus, dans les secteurs de l’économie particulièrement touchés par la crise économique liée à l’épidémie de Covid-19, comme le tourisme et le commerce de détail, des gels des salaires ont été décidés. Ainsi, un tiers des employeurs français interrogés lors de cette enquête ont déjà gelé ou pensent geler les salaires.

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Dans les autres pays, les employeurs britanniques et allemands ont aussi revu légèrement à la baisse leurs prévisions d’augmentation des salaires pour cette année. Ils prévoient aussi pour 2021 des niveaux d’augmentation inférieurs à ce qui était prévu en 2020. Parmi les pays du G8, seuls les employeurs américains ne prévoient aucun changement, avec 3% d’augmentation comme prévu avant la crise et 3% également pour 2021.

L’enquête « 2020 Salary budget planning » a été conduite entre mai et juin 2020. 15 000 entreprises dans 132 pays, dont 320 opérant en France, ont répondu.