Les pro-homéopathie s’activent avant un éventuel déremboursement

Alors que le déremboursement de l’homéopathie est sur la table, les professionnels du secteur s’activent, notamment par le biais d’une pétition en ligne.

Même si son efficacité n'est pas prouvée scientifiquement, l'homéopathie est une technique appréciée des Français. Crédit: iStock.

Avant la décision sur un éventuel déremboursement, les pro-homéopathie organisent la riposte médiatique: les laboratoires fabriquant ces produits et les organisations professionnelles du secteur ont lancé mercredi une campagne intitulée « Mon homéo, mon choix ».

Son but est de « donner la parole aux Français pour qu’ils expriment leur attachement à cette thérapeutique et revendiquent le maintien de son remboursement », selon un communiqué commun de 18 acteurs de l’homéopathie.

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Il est signé par les laboratoires (Boiron, Lehning, Weleda), plusieurs organisations professionnelles, dont le Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF) et la Fédération nationale des sociétés médicales homéopathiques de France (FNSMHF), ainsi que deux associations de patients.

La campagne s’appuie sur un site internet dédié, www.monhomeomonchoix.fr, où les partisans de l’homéopathie peuvent signer une pétition contre son déremboursement. Les signatures peuvent aussi être envoyées par SMS au 32 321 (avec le code homéo). Sur Twitter, la campagne peut être suivie grâce au hashtag #MonHoméoMonChoix. « En cas de déremboursement, il pourrait y avoir un transfert vers des médicaments plus coûteux pour la collectivité », assurent les pro-homéopathie dans leur communiqué.

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L’avis de la Haute autorité de santé attendu en juin

En août dernier, après une tribune au vitriol de médecins opposés à l’homéopathie, le ministère de la Santé a demandé à la Haute autorité de santé (HAS) de donner son avis sur le bien-fondé du remboursement de ces produits. La HAS a pour objectif de rendre cet avis en juin. Les critères de l’évaluation seront notamment « l’efficacité » des médicaments homéopathiques et « leur intérêt pour la santé publique », selon la HAS.

Controversée au sein du corps médical, l’homéopathie consiste à administrer des substances en quantité infinitésimale, dans l’espoir de guérir. Certains médicaments sont remboursés à hauteur de 30% par l’Assurance maladie, bien que leur efficacité n’ait pas été évaluée scientifiquement. En 2017, le remboursement de l’homéopathie a représenté 129,6 millions d’euros sur un total de 19,9 milliards pour l’ensemble des médicaments remboursés, selon l’Assurance maladie.

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Même si son efficacité n’est pas prouvée scientifiquement, l’homéopathie est une technique appréciée des Français: 72% « croient en ses bienfaits », selon un sondage Odoxa (Baromètre santé 360) publié en janvier. Le 28 mars, dans une prise de position commune symboliquement forte, les Académies de médecine et de pharmacie ont jugé que l’homéopathie ne devait pas continuer à être remboursée.

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