Homéopathie : le gouvernement a tranché, les granules ne seront plus remboursés d’ici 2021

Le déremboursement des produits homéopathiques se fera progressivement. La ministre de la Santé assure que cette mesure aura un faible impact sur la consommation des Français.

D'ici l'année prochaine, le taux de remboursement sera réduit avant d'être nul au 1er janvier 2021. Crédit: Allili MOURAD/SIPA

Cette fois-ci, c’est officiel : la ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé mardi 9 juillet que les produits homéopathiques ne seront plus remboursés à partir du 1er janvier 2021. Jusqu’à présent, l’assurance maladie assurait un remboursement à 30%, ce qui représentait dans les comptes de l’assurance maladie, 126,8 millions d’euros en 2018.

Un taux de remboursement abaissé

Dans les colonnes du Parisien, la ministre de la Santé rappelle qu’elle a toujours dit qu’elle suivrait l’avis de la Haute autorité de santé (HAS) qui s’est prononcée il y a quelques jours pour le déremboursement. Mais au lieu de prendre une décision sèche, ce dernier se fera en plusieurs étapes.

« Pour se laisser le temps de la pédagogie et accompagner les patients, j’ai souhaité organiser une période de transition. À partir du 1er janvier 2020, nous mettons donc en place une année de remboursement intermédiaire à 15 %, contre 30 % aujourd’hui. Cela laissera aussi le temps aux industriels de s’organiser », explique Agnès Buzyn.

Selon elle, l’impact de cette mesure sera faible : actuellement 1 200 produits homéopathiques sont consommés par sept millions de Français. En 2018, « la somme moyenne remboursée est de 18 euros par an, soit moins de 1,5 euro par mois. L’an passé, les plus grands consommateurs n’ont reçu que 25 euros de l’Assurance maladie. (…) Je ne pense donc pas que cette mesure freinera le recours à l’homéopathie ».

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L’efficacité d’un placebo

Agnès Buzyn rappelle que l’homéopathie est remboursée par la Sécurité sociale depuis 1984, à la suite d’une mesure du gouvernement de l’époque prise pour développer l’industrie. « La règle est que tout ce qui est financé par la solidarité nationale est d’abord évalué par la HAS, qui renouvelle son avis sur le service médical rendu tous les cinq à dix ans pour la grande majorité des traitements. Seuls les médicaments homéopathiques y ont échappé. »

D’où le lancement de la saisine par la ministre de la Santé de la HAS en août 2018. Cette dernière a analysé près de 800 études sur le sujet et a conclu que les granules homéopathiques ont « une efficacité équivalente à un placebo ».

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