Hôpital : les chambres individuelles pourraient réduire jusqu’à 70% le risque d’infection nosocomiale

Une étude montre que les chambres individuelles diminuent le problème des infections résistantes aux antibiotiques.  

Les bactéries ultrarésistantes pourraient faire plus d'un million de victime en 2050. Crédit : ©Istock

Elle est la bête noire des hôpitaux européens. Depuis plusieurs années, ils sont colonisés par une « super-bactérie » résistante aux antibiotiques. Klebsiella pneumoniae est liée au décès de plus de 2 000 patients sur le Vieux continent depuis 2015, c’est six fois plus qu’en 2007. Cette « super-bactérie » n’est pas la seule à sévir dans les hôpitaux du monde, elle fait partie de la liste de l’Organisation mondiale de la Santé, qui recense les douze bactéries ultra-résistantes qui représentent le plus grand danger pour les humains et requièrent la création de nouveaux traitements antibiotiques.

Pour le moment, les scientifiques peinent à lutter contre ces « super-bactéries » qui ne cessent de faire des victimes. Si aucun remède ne semble être efficace, une étude canadienne publiée dans la revue JAMA Internat Medicine, et repérée par LCI, pourrait apporter une nouvelle solution : les chambres individuelles. Selon le rapport, ces dernières pourraient en effet contribuer à réduire jusqu’à 70% le nombre d’infections liées à une bactérie résistante aux antibiotiques.

Une méthode efficace sur certaines bactéries

L’étude s’appuie sur une série d’expériences débutées en 2014 à l’hôpital Royal Victoria à Montréal (Canada), un établissement qui a la particularité de ne compter que des chambres individuelles. Les médecins ont alors étudié l’influence de cet environnement sur le développement des bactéries, et notamment de l’entérocoque résistant à la vancomycine (ERV), qui peut causer chez des personnes en mauvaise santé une infection urinaire, l’infection d’une plaie ou une infection du sang.

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Ainsi, les chercheurs ont observé une diminution de 70% du nombre d’infection au sein de l’établissement. Même plusieurs années après l’ouverture de ce nouvel hôpital, les taux restent très bas, bien en-dessous de la moyenne des hôpitaux de la province.

Un million de victimes d’ici 30 ans

Deux autres infections nosocomiales résistantes aux antibiotiques ont été observées lors de cette étude, explique LCI. Pour le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) une diminution significative du nombre de personnes porteuses de la bactérie a été observée. Concernant le Clostridioides difficile (CDI), aucune évolution n’a été observée. La Klebsiella pneumoniae n’a en revanche pas été étudiée.

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Si le recours aux chambres individuelles ne semble pas fonctionner pour toutes les bactéries, ces premiers résultats pourraient être encourageants pour tenter de limiter les infections qu’elles causent et qu’aucun traitement ne permet d’éradiquer. Ainsi, selon les données de la Commission européenne, on pourrait passer de 25.000 morts causées par des bactéries multi-résistantes en 2014 à 392.000 en 2050. Au niveau mondial, on pourrait passer de 700.000 victimes à un million d’ici 30 ans.

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