Ce que coûte chaque année la pollution du transport aérien à la société

Selon une étude de la commission européenne, le coût environnemental du secteur aérien est de 33 milliards de dollars par an. Une somme qui pèse dans les finances des pays de l’UE.

La pollution provoquée par le trafic aérien coûte 33 milliards d'euros par an. Crédit : ©Istock

L’Union européenne veut-elle préparer le terrain pour la mise en place de la taxe sur le kérosène ? Bruxelles vient en tout cas de publier un rapport très critique contre le transport aérien. Selon la Commission européenne, les dégâts environnementaux provoqués par le secteur sont estimés à 33 milliards d’euros par an. Une somme astronomique qui couvre, selon Europe 1, les dépenses faites dans 33 aéroports européens, dont Orly et Roissy, étudiés par la Commission au Transport. Ces coûts environnementaux recouvrent les dépenses pour minimiser la pollution sonore des avions et leurs émissions de CO2 ainsi que leur impact estimé sur le changement climatique.

Cette somme, payée par les pays membres de l’UE et donc leurs concitoyens, a surpris jusqu’à la commissaire européenne au Transport, Violeta Bulc. Elle a déclaré au journal la Libre Belgique : « Je dois être honnête avec vous, on pensait que ce chiffre serait vraiment inférieur ». Violeta Bulc a également souligné que « le prix payé par ceux qui voyagent en avion couvre à peu près les coûts d’infrastructure, mais pas les coûts environnementaux » estimant que « nous ne pouvons pas continuer à générer des coûts aussi élevés avec l’aviation ni avec aucun autre mode de transport. Nous devons redresser la situation et rapidement ».

Un secteur qui fait grise mine

Avec cette nouvelle charge, l’idée d’instaurer une taxe contre la pollution du transport aérien se renforce, et notamment celle visant le kérosène. Interrogée sur le sujet, Violeta Bulc a estimé que ce n’était « pas à exclure » mais que ce serait « la prochaine Commission de décider ». Une taxe qui est déjà en vigueur en Suède où le mouvement de boycott de l’avion, le « Flygskam », prend de l’ampleur. Le pays prélève entre 6 et 38 euros par litre de kérosène selon les destinations. Les Pays-Bas vont également mettre en place cette taxe dans deux ans. A l’échelle européenne, elle pourrait impliquer une taxation de 330 euros par 1 000 litres de kérosène, qui échappe à toute taxe depuis la convention internationale de Chicago en 1944.

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Outre cette taxe sur le kérosène, d’autres pistes sont envisagées pour tenter de réduire le coût de la pollution du transport européen comme une taxe sur les billets d’avion ou des mesures de compensation financées par les compagnies. Reste que cette annonce est un coup dur pour le secteur, qui fait déjà grise mine. L’association internationale du transport aérien (IATA) a revu à la baisse ses prévisions pour 2019 estimant que les profits du transport aérien ne devraient pas dépasser les 28 milliards de dollars (25 milliards d’euros) cette année contre 35 milliards (31 milliards d’euros) attendus. Un chiffre en baisse par rapport aux 30 milliards réalisés en 2018. Face à cette situation, toute nouvelle taxation qui pèserait sur les compagnies aériennes serait immédiatement répercutée sur le prix du billet payé par les consommateurs.

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